La fondation Child Focus a été créée il y a près dans 30 ans, après la marche blanche organisée pour rendre hommage aux victimes de Marc Dutroux et dénoncer les dysfonctionnements des polices belges. Son objectif était alors de soutenir psychologiquement et logistiquement les parents dans la recherche de leurs enfants : 'Ce sont les parents de victimes, entre autres M.

Lejeune, qui sont partis aux États-Unis, où se trouvait déjà le National Center for Missing and Exploited Children, qui n’est pas par hasard le même titre que le nôtre, et qui sont revenus avec les messages 'c’est ça dont on a besoin'', explique Nel Broothaerts.

L’association fonctionne en accord avec la Charte de Genval, un engagement élaboré par des familles de victimes de l’affaire Dutroux, dans le contexte de la Marche blanche de 1996 et de la mobilisation citoyenne qui a suivi. Cette charte préconise notamment une protection renforcée des enfants, une amélioration du fonctionnement de la justice et de la police, ainsi qu’un meilleur accompagnement des victimes et de leurs familles.

Ces principes sont encore aujourd’hui au cœur des engagements de Child Focus. L’association joue désormais un rôle central dans l’accompagnement des familles d’enfants disparus. Child Focus est notamment joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, 'pour les proches, pour les parents de victimes, pour qu’ils ne se sentent plus seuls' et éviter l’abandon ressenti par les parents des victimes de Marc Dutroux, soutient sa directrice.

L’ASBL apporte aussi un soutien financier et judiciaire aux parents d’enfants disparus afin de mieux les accompagner tout au long de l’enquête. Son champ d’action s’est également élargi aux mineurs victimes d’exploitation sexuelle. Ce type de dossier représente, ces dernières années, la majorité de leur travail.

'Petit à petit on a vu (qu’en termes) d’exploitation sexuelle, le nombre de dossiers augmentait, notamment avec l’arrivée de l’Internet et la forte utilisation d’internet par nos jeunes', constate à ce titre Nel Broothaerts. L’organisation traite environ 3000 dossiers par an. Elle est aujourd’hui largement dépendante des dons de citoyens belges, s’élevant à plus de 50% de leur financement.

À l’heure actuelle, l’association ne reçoit cependant pas de subsides permanents de la part de l’État, une situation difficile alors que l’ASBL est confrontée à toujours plus de demandes. ► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette interview dans le podcast de Matin Première.