Comment enrayer la forte mortalité infantile en France ? Cette question est au cœur d'un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), instance commune aux ministères sociaux, qui a été bouclé en janvier dans la plus grande discrétion. La France était auparavant bien placée parmi les pays développés.
Mais elle a reculé depuis le début des années 2010 vers le bas du classement, avec plus de quatre bébés sur 1 000 (4,1‰) décédés avant leur premier anniversaire en 2024. Les trois auteurs, parmi lesquels l'ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle, rappellent qu'il existe plusieurs facteurs, comme l'âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, ou la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes...
S'y ajoute un rôle prépondérant des inégalités sociales et territoriales qui amplifient, de manière de plus en plus documentée, le risque de décès du nouveau-né ou de sa mère. Le rapport rappelle que les régions d'outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants.
Le seuil d'activité des maternités pas déterminant, selon les auteursEn revanche, les auteurs écartent l'hypothèse que les fermetures des petites maternités, en cours depuis plusieurs années, expliqueraient la hausse de la mortalité néonatale. Ils constatent que des pays observent de meilleures performances, qu'ils aient concentré les naissances dans des grandes maternités ou qu'ils aient conservé de petits établissements, comme en Italie. Le sujet est sensible.
Nombre d'élus locaux refusent la fermeture de maternités, présentée comme une cause de la dégradation des soins. Mais des sociétés de médecins estiment plutôt que ces établissements, par manque d'activité, représentent un danger pour les mères et les enfants. Pour le rapport, "l'essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue" d'abord lors de la grossesse.
Les auteurs insistent sur "la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque". La discrétion qui a entouré la publication du rapport agace certains professionnels. "Le mois d'août, ce n'est pas propice aux lectures approfondies et exigeantes", a regretté Isabelle Derrendinger, présidente du conseil national de l'Ordre des Sages-Femmes, y voyant un choix "significatif de la façon dont on traite la périnatalité et la santé des femmes en France".
Olivier Morel, secrétaire du Collège national des gynécologues et obstétriciens, juge "incompréhensible qu'il ait fallu des mois pour obtenir un rapport qui ne reprend même pas la question centrale du déficit du ressources humaines".
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F05%2F6a739773a7bde283470889.jpg&w=1600&q=75)





%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84b1018d7d0574100803.jpg&w=1600&q=75)