De juin à la fin de l'année, deux bus un peu particuliers traversent le territoire. Ces véhicules aménagés en salon de beauté ont été financés par la fondation L'Oréal et accueillent des femmes en situation de précarité.
L'objectif : aider environ 5 000 d'entre elles au total, d'ici la fin de la tournée annuelle. À lire aussi Près de 60% des Français connaissent une personne proche vivant dans une situation de pauvreté, selon un baromètre du Secours populaire À Dijon, le bus rouge et blanc est garé à l'ombre de grands arbres dans un parc tout près du centre-ville. Une fois à l'intérieur, deux banquettes roses se font face. Au total, huit places, chacune habillée de son lavabo et de son petit miroir individuel. Et toutes sont occupées par des femmes en demande d'asile. Parmi elles, deux sœurs originaires de Côte d'Ivoire, une mère turque et sa fille. L'une ôte son voile, l'autre confie son bébé.Une "atmosphère de confiance" qui permet de créer du lien"On va passer une heure ensemble, on va faire un soin du visage", annonce Christine, socioesthéticienne. La socioesthétique est une manière d'accompagner des populations vulnérables à travers le soin selon Christine, qui exerce dans la région après avoir décroché un diplôme d'état, "les femmes créent du lien, elles échangent entre elles, il y a une atmosphère de confiance, la parole se libère et circule", détaille-t-elle. Avant d'ajouter que sa présence permet aussi de "proposer des conseils parce que ça peut être des populations qui n'ont pas l'habitude du tout de prendre soin d'elles, elles pensent qu'elles n'ont pas le droit, elles n'ont pas le temps, elles ont plein de soucis… Ça permet une petite bulle, ça peut être un déclic."
La séance est truffée de conseils : comment confectionner un gommage chez soi à base de sucre et d'huile d'olive ou encore comment se masser les mains. Avant de partir, une jeune femme vient glaner quelques conseils supplémentaires. Jenifer, 23 ans, en France depuis deux ans, estime que "c'est important [de prendre soin de soi], pour la peau, pour le bien de soi."Toutes sortent du bus le visage souriant, visiblement détendues après 60 minutes, loin d'être superflues selon la directrice du pôle social de la Croix Rouge à Dijon, Sandrine Roy. "Ce sont des moments qui sont rares, parce que ce ne sont pas des gens qui ont l'habitude de prendre soin d'eux et de fait, ça leur permet de s'évader, ça leur permet de prendre un peu d'estime de soi. Quand elles sortent, elles ont la banane, elles disent 15 fois merci, c'est incroyable", explique-t-elle. Après Dijon, le bus effectuera son prochain arrêt à Belfort et à Besançon.
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