Sur les réseaux sociaux, beaucoup de vidéos réalisées avec l'intelligence artificielle montrent des familles qui profitent de l'allocation pour aller s'acheter le dernier écran plat. Cette rumeur circule toujours à l'approche du versement de l'aide financière. Pourtant rien ne permet d'affirmer que les bénéficiaires de l'allocation dépensent cet argent en achetant une télévision.

À lire aussi "Ça servira à financer leurs activités" : l'allocation de rentrée scolaire versée à partir de mardi Les achats de télévisions sur cette période de l'année ne révèlent aucune explosion des ventes ces mois-ci. Une étude de l'institut GfK Market Intelligence présentée par nos confrères de CheckNews montre qu'en moyenne, entre 2015 et 2020, 300 000 téléviseurs ont été achetés en août, 314 000 en septembre.

Il s'agit des deux mois de l'année où il y a le moins de ventes. En réalité, selon l'étude, les mois forts sont plutôt les périodes de soldes et les fêtes de fin d'année avec plus de 550 000 télévisions vendues en décembre et janvier. Il n'y a à ce jour aucune étude statistique sur la manière dont est dépensée l'allocation de rentrée scolaire.

La CAF indique qu'environ trois millions de familles sont bénéficiaires de cette aide d'un montant d'environ 450 euros, sous conditions de ressources. Cet argent peut être utilisé pour les fournitures ou encore les vêtements mais chacun dépense cet argent comme il l'entend. La Cnaf, la caisse nationale des allocations familiales, a régulièrement livré des enquêtes autour de ce sujet.

La plus récente menée auprès de 2 024 familles date de 2023 et explique qu'en moyenne, les bénéficiaires dépensent 400 euros par enfant à la rentrée scolaire. Derrière la polémique, une campagne de désinformation qui vise les plus démunisCette rumeur de l'allocation dépensée pour des loisirs vise à véhiculer l'idée que la société aide des personnes en grande précarité qui ne savent pas gérer leur argent.

La CAF rapporte dans son enquête que sans l'allocation, les familles auraient dû rogner sur leur budget, sur les autres dépenses du foyer dans la majorité des cas : "Sept sur dix (72%) auraient réduit les autres dépenses du foyer et une sur trois (31 %) aurait sollicité son entourage pour obtenir de l’argent.

Elles auraient également revu à la baisse le budget associé à la scolarité en limitant la qualité (59%) et la quantité (54%) des affaires achetées, ou en renonçant aux activités extrascolaires (38%)". Sans oublier que, dans de rares cas, une partie de l'allocation sert à combler un découvert bancaire, selon une autre étude publiée cette année par Emmaüs.