16 janvier 2011, une page se tourne au Front national. Jean-Marie Le Pen, cofondateur du parti d’extrême droite en 1972, cède la place à sa fille Marine Le Pen , largement élue présidente du FN face à Bruno Gollnisch, un proche de son père. La dirigeante de 42 ans entend bien mener son parti jusqu’au pouvoir et décide alors d’accélérer et de renforcer la stratégie de dédiabolisation déjà à l’œuvre depuis quelques années.

Car l’image du Front national , en 2011, n’est pas très différente de celle qu’il avait en 2002, lorsque l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle face à Jacques Chirac avait provoqué des grandes manifestations dans l’entre-deux-tours.

"C’est un parti qui est largement considéré par l’opinion comme dangereux pour la démocratie et qui pâtit d’un déficit de crédibilité. C’est aussi un parti qui ne va pas très bien en interne car Nicolas Sarkozy lui a infligé un revers électoral retentissant lors de la présidentielle de 2007, en ramenant Jean-Marie Le Pen à 10 % [10,44 % précisément, NDLR]. Donc la conquête du parti par Marine Le Pen se fait notamment sur l’argument de la nécessité de sortir de l’ère Jean-Marie Le Pen qui apparaissait de plus en plus comme une impasse", souligne Jean-Yves Camus, président de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès et spécialiste de l’extrême droite.