Alihan Kuris, dirigeant de la communauté religieuse des Süleymancilar et petit-fils de son fondateur, a été arrêté jeudi 13 août, comme 48 de ses proches et lieutenants. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lui-même issu de l’islam politique, entend consolider son pouvoir sur les conservateurs et se débarrasser d’une opposition gênante, analysent les médias d’opposition.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Ankara, en octobre 2023. PHOTO MURAT CETIN MUHURDAR/PPO/REUTERS Partager Écouter l’article Ajouter aux favoris Après avoir multiplié avec succès les attaques contre toutes les branches de son opposition, le président islamo-nationaliste turc, Recep Tayyip Erdogan, s’attaque désormais à un adversaire plus surprenant : la communauté religieuse des Süleymancilar. Cette confrérie soufie conservatrice forte de centaine de milliers de membres, qui compte parmi les plus puissantes du pays, a toujours été historiquement plutôt hostile à l’AKP d’Erdogan et plus proche des autres partis de droite.

Son dirigeant actuel, Alihan Kuris – petit-fils du fondateur du culte, Süleyman Hilmi Tunahan, décédé en 1959 – et 48 de ses proches et lieutenants ont été arrêtés jeudi 13 août, rapporte le média en ligne T24, qui précise que des milliers de membres de la confrérie se sont réunis samedi 15 août pour un rassemblement de protestation silencieuse et une prière collective dans un parc de la capitale, Ankara. Les suspects, placés en détention, sont accusés de “constitution d’une bande criminelle organisée” et de “blanchiment d’argent” .

Dimanche 16 août, 200 kilos d’or, d’une valeur approximative de 24 millions d’euros, ont notamment été trouvés au domicile du frère du dirigeant, s’indigne le quotidien kémaliste Korkusuz, qui titre en une : “Leur religion, leur foi, c’est l’argent”, et ajoute :

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