Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Où que porte son regard, il voit la nature qui souffre, comme un champ desséché. Lucien Stoven a 25 ans et l’anxiété le quitte rarement, une peur liée au réchauffement climatique. "Je me dis qu’il fait super chaud, que tout crame, mais quand j’aurai 40 ans, ce sera deux fois pire. Chaque année sera la plus fraîche que je connaîtrai du reste de ma vie.
Lucien souffre d’une forte éco-anxiété, comme un jeune sur dix entre 25 et 34 ans. Il éprouve une forme de détresse face aux conséquences de la crise climatique et à l’effondrement du vivant. Une tristesse amplifiée par l’accumulation des catastrophes cet été, avec les dizaines de milliers d’hectares déjà brûlés, une sécheresse historique et les milliers de décès à cause des canicules. "C’est hyper grave. Il y a des gens qui sont morts. Ce sont juste des statistiques.
C’est horrible. Ce sont les grands-mères de quelqu’un. Parfois, ce sont les bébés de quelqu’un. Je pense à ces deux pompiers qui sont morts. Ils sont morts dans un camion. Ils avaient une famille, des amis. Et ils ont littéralement donné leur vie. C’est ça qui me fait le plus peur. 15 millions de Français touchésAujourd’hui, en vacances en famille, il arrive à parler de ses peurs à ses parents.
Car pendant longtemps, il les avait cachées jusqu’à une dépression et une hospitalisation. "Ça a été aussi une prise de conscience très brutale pour nous, en tant que parents. C’est difficile à comprendre si on ne s’acculture pas à ça soi-même. Et ça, on ne l’a pas forcément, nous, à notre génération, appris sur les bancs de l’école", confie Benoît Stoven, responsable prévention santé au travail. "J’ai l’impression de vivre un deuil continuellement.
Je ne suis pas en deuil parce que je suis malade et que j’ai une dépression. Je suis en deuil parce que les trucs sont en train de crever. Comme Lucien, 15 millions de Français sont touchés par l’éco-anxiété, un chiffre en hausse de 20 % cette année. Insomnie, pensées en boucle sur la chaleur, un psychologue spécialisé est submergé de demandes. "J’ai aussi bien des jeunes de 25 ans que des grands-mères de 60 ans. Ça n’est pas une peur irrationnelle.
On ne peut pas supprimer le dérèglement climatique pour soigner les éco-anxieux. C’est le vrai problème. Personne n’est protégé. Il n’y a pas de profil type. Il n’y a pas de fragilité psychologique a priori. Pour sortir de l’éco-anxiété, les professionnels conseillent d’avoir un projet concret. Lucien, lui, a abandonné une carrière d’ingénieur. Il vient de finir des études d’écologie politique. fr/actualite/comment-gerer-l-eco-anxieteListe non exhaustive
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