Les prochaines élections législatives transalpines devraient avoir lieu en octobre 2027, et pour espérer les remporter, les deux principaux partis d’opposition, le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles, devront forcément s’allier. Or, les différents sont importants entre ces deux forces politiques, notamment au sujet du soutien à l’Ukraine.
Le leader du Mouvement 5 Étoiles, Giuseppe Conte, la secrétaire générale du Parti démocrate, Elly Schlein, et les leaders du parti AVS, Nicola Fratoianni et Angelo Bonelli, à Rome, en Italie, le 7 juin 2025. PHOTO RICCARDO DE LUCA/ANADOLU/AFP Partager Écouter l’article Ajouter aux favoris Tout comme en France, 2027 sera une année d’élections en Italie. Les Transalpins se rendront aux urnes pour confirmer ou non Giorgia Meloni dans son rôle de présidente du Conseil, et si tout se passe comme prévu, ils le feront en votant avec une nouvelle loi électorale qui change quelque peu les cartes sur la table . Celle-ci, baptisée “Stabilicum” prévoit essentiellement deux changements majeurs par rapport à la précédente : elle introduit une prime de majorité pour la coalition qui remporte au moins 42 % des voix, et elle impose à ladite coalition de désigner en avance son ou sa candidate au poste de Premier ministre. Des modifications qui, en définitive, comportent une conséquence majeure : pour espérer gagner, les partis d’opposition devront nécessairement s’allier et mettre à plat leurs différences avant les élections.
Toutefois, au vu des relations tendues entre les deux principales forces du centre gauche : le Parti démocrate (PD) et le Mouvement 5 étoiles (M5S), la mission s’annonce tout sauf facile. Tant et si bien, que le Corriere della Sera pose la question dans un article de décryptage publié le 5 août et titré comme il suit : “Intrigues, querelles et absence de projet. Et si le champ large [surnom donné à la coalition de centre gauche] ne tenait pas le coup ?”
Ce qui fait douter le quotidien centriste, ce sont les polémiques de ces derniers jours qui ont agité les partis progressistes. Et ce, notamment sur un sujet : la politique internationale, et plus précisément, le soutient à l’Ukraine. Sur ce thème, le Parti démocrate (centre gauche) est essentiellement aligné avec les positions de l’Union européenne, mais ceci n’est pas le cas du Mouvement 5 étoiles. En témoigne ces déclarations du leader du M5S, Giuseppe Conte, relayées par La Stampa .
“Nous ne votons pas le soutient militaire à l’Ukraine. On est d’accord pour les aides et les sanctions économiques, oui, mais je pense que Kiev a déjà un arsenal militaire très important, et on se demande où finissent ces armes”, peut-on lire dans les colonnes du quotidien turinois. Pas d’armes pour l’Ukraine donc, mais plutôt pousser pour une initiative diplomatique européenne, qui selon Conte, n’est pas dans les plans de Bruxelles. “Si j’étais le candidat de la coalition, a déclaré l’ancien Premier ministre , j’appellerai Zelensky, je le rencontrerai et le rassurerai : c’est lui l’agressé. Mais tout de suite après, j’appellerai Poutine pour tenter d’enclencher une négociation.”
“Reconsidérer les engagements avec l’Otan”
Des déclarations qui ont forcément prêté à polémique. D’autant plus que la secrétaire du PD, Elly Schlein , a tenu dans ces derniers jours une ligne conciliante avec Conte, tentant coûte que coûte d’éviter une fracture trop évidente, consciente de la nécessité de préserver cette alliance pour avoir une chance de battre Meloni. Par conséquent, indique le quotidien romain La Repubblica , mercredi 5 août, le PD a accepté de présenter une résolution commune avec le M5S et AVS (gauche) qui affirme la nécessité de “ reconsidérer en profondeur les engagements de dépenses pris dans le cadre de l’OTAN et éviter toute nouvelle augmentation des dépenses consacrées aux systèmes d’armement qui pèsent sur le budget de l’État, ainsi que prendre des mesures pour mettre fin au programme de réarmement des armées nationales”.
La résolution, qui calque clairement l’antimilitarisme du Mouvement 5 étoiles, n’a finalement pas été mise au vote. Mais une partie du PD avait déjà annoncé qu’elle ne l’aurait pas soutenu, ce qui montre bien les tensions qui subsistent avec la ligne sur l’Ukraine défendue par le M5S. Logique, puisque ces différends ne datent pas d’hier, analyse le site de décryptage Pagella Politica . En effet, souligne le média en ligne, “depuis 2023, le M5S et AVS ont toujours voté contre le décret qui prolongeait le soutien militaire à l’Ukraine, tandis que le Parti démocrate a toujours voté favorablement”. Une position, celle du PD, soutenue aussi par trois petits partis centristes qui pourraient, eux aussi, rallier la coalition du champ large pour tenter de battre la droite en 2027. Et les voix qu’ils apporteraient seront sans doute nécessaires pour entretenir l’espoir d’une victoire.
Voilà pourquoi, il faudra trouver une synthèse entre toutes ces forces politiques. Selon Elly Schlein, qui guide le parti en tête dans les intentions de vote à l’intérieur de la coalition, cette cohérence devra d’abord passer par la rédaction d’un programme commun. Et seulement ensuite par des primaires, qui s’annoncent pour le moins mouvementées.
Reportage. À Ostie, sous le béton, la plage

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