"Je suis contente que cette journée soit terminée", n'a pas caché Pauline Ferrand-Prévôt, une longue demi-heure après avoir franchi la ligne de la 4e étape du Tour de France 2026, mardi 4 août, à Dijon. La Française venait d'en finir avec un exercice qu'elle n'avait plus connu en compétition depuis plus de cinq ans, et sur lequel ses rivales misaient gros pour la distancer un maximum.
Après avoir entretenu le mystère sur son niveau en chrono, les chiffres ont parlé : Pauline Ferrand-Prévot, 34e du jour, a perdu gros, concédant 2'13'' à la nouvelle maillot jaune Marlen Reusser (Movistar), et 1'55'' à Demi Vollering (FDJ United-Suez), troisième de l'étape. Grosse déception lors de ce contre-la-montre pour Pauline Ferrand-Prévot, qui perd du temps par rapport à ses rivales pour la victoire finale, dans ce Tour de France Femmes !
Favorite du jour, Marlen Reusser s'est offert la victoire à Dijon, reléguant la Française à 2mn13 ! La Suisse en profite pour prendre la première place du classement général. 3eme aujourd'hui, Demi Vollering réalise la bonne opération du jour. 4min "On ne s’intéressait pas trop aux autres, on a essayé de performer. On savait qu’il y aurait un écart, on ne connaissait pas sa taille.
Maintenant on sait quoi faire les prochains jours : combler l’écart", a tenté d'évacuer Rutger Tijssen, le manager de la Team Visma | Lease a bike, pendant que la Française récupérait sur le home-trainer, tout en se rafraîchissant. Du côté du staff de la Visma | Lease a bike, l'heure n'était toutefois pas à la panique, même si plusieurs membres de l'équipe, dont Marianne Vos, sont venus enlacer la Française, dans une attitude plus pour consoler que pour féliciter.
"On va voir, mais ça ne change pas la stratégie pour vendredi. Il y aura de plus grands écarts au sommet du Ventoux, parce que c’est une montée brutale.
"Rutger Tijssen, manager de Visma | Lease a bikeà franceinfo: sportUn discours relayé par Pauline Ferrand-Prévôt elle-même, consciente que c'est sur les pentes du Géant de Provence qu'elle pourra renverser la course, elle qui avait terminé avec plus de trois minutes d'avance sur Demi Vollering l'an passé dans le col de la Madeleine.
"Dans la Madeleine j’ai pu prendre pas mal de temps, donc là le Ventoux c’est une montée longue aussi, ça va dépendre des autres, comment elles sont, comment elles ont progressé. À condition également de ne pas perdre de temps d'ici là. Déjà attaquée lors de la 3e étape dans le Jura, la championne olympique de VTT s'attend à l'être de nouveau avant le Ventoux, notamment mercredi, dans le Beaujolais.
"Je savais qu’elles n’allaient pas me faire de cadeaux sur les montées courtes, ça sera le cas demain et les jours suivants. Il n’y a plus qu’à me battre. J’aime ce scénario de devoir aller les chercher plutôt que d’être la favorite. Une perte de temps prévue, et bien vécueMalgré le débours conséquent concédé à l'arrivée de ce contre-la-montre, la Françaises est restée, plutôt souriante et détendue à l'heure de répondre aux obligations médiatiques.
"Sincèrement je ne savais pas à quoi m’attendre donc je ne peux pas être déçue. J’ai donné le meilleur de moi-même, ce n’était pas assez. Je suis fière de m’être battue, j’ai tout donné, je n’ai pas d’excuse j’étais tout simplement moins forte", a-t-elle reconnu, justifiant au passage le choix de sa position, plutôt haute, sur le vélo : "J’ai eu deux opérations de l’artère iliaque, donc je ne peux pas être trop couchée sur le vélo.
Et comme je suis petite, après les tests, c'était mieux d’être plus haute. "Son entraîneur, Rutger Tijssen, a lui aussi insisté sur la nécessité du confort, avant de botter en touche sur les éventuelles erreurs de trajectoire de la Française : "C'est trop tôt pour analyser ses trajectoires, on va regarder les images, les données, et ensuite on pourra analyser".
Derrière, Dany et Sylviane, les parents de la Française, se voulaient eux aussi confiants : "Elle va bien, elle prend du plaisir, elle est joyeuse : tout va bien. Ce chrono ne l’inquiète pas du tout, elle est focus. " 10min Pas épargnée par la chaleur, tout en refusant de se cacher derrière ce prétexte, Pauline Ferrand-Prévôt a ensuite regagné le camping-car de l'équipe, souriante, pour aller se "doucher, manger un peu et demain c'est reparti".
Pas inquiète mais piquée dans son orgueil, la tenante du titre a, comme attendu, perdu du temps, mais pas la flamme. Il n'y avait qu'à voir son regard, soudainement plus ferme et déterminé, à l'évocation du Ventoux pour s'en convaincre : Pauline Ferrand-Prévôt a perdu une bataille, mais le combat n'a fait que commencer.






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