La remontée spectaculaire du yen la semaine dernière n'était pas un simple mouvement de marché. Washington et Tokyo ont confirmé avoir acheté massivement de la monnaie japonaise afin d'enrayer sa chute, alors qu'elle venait d'atteindre son plus faible niveau face au dollar depuis 1986. Un yen très faible favorisait les exportations japonaises – des voitures Toyota aux consoles Nintendo – mais renchérissait aussi fortement les importations d'énergie et de matières premières, alimentant l'inflation au Japon .

Une intervention rare aux effets limités

Les États-Unis avaient également intérêt à agir : un yen très faible avantage les exportateurs japonais au détriment des industriels américains et peut provoquer des turbulences sur les marchés financiers mondiaux. Concrètement, le Japon a utilisé ses réserves de change pour acheter des yens, tandis que le Trésor américain est intervenu sur le marché des devises par l'intermédiaire de la Réserve fédérale de New York, en vendant des euros contre du yen.

Si cette opération a permis de rassurer les investisseurs, elle ne peut toutefois pas modifier durablement les fondamentaux économiques. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a néanmoins assuré que Washington était prêt à intervenir de nouveau si nécessaire.