Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Un éclair, une fraction de seconde et une vie entière qui peut basculer. Une centaine de personnes sont touchées par la foudre chaque année en France. Comme Raphaëlle Manceau, une fulgurée. "Un fulguré, il vit avec ses séquelles et un foudroyé, malheureusement, ne survit pas", explique-t-elle. En septembre 2017, elle assiste à un festival de musique et s'abrite de la pluie sous une tente.

Un éclair s'abat, 14 personnes sont blessées. Raphaëlle est touchée à la tête par la foudre et perd connaissance. "Je me réveille six mètres et demi plus loin, avec une incompréhension. Je suis assise par terre sous la pluie battante, couverte de boue. C'est une scène de chaos. C'est une odeur de chair brûlée qui prend la gorge. Il y a des cris, il y a des pleurs. Un long calvaireElle reçoit une décharge de 10 à 100 millions de volts.

Cette cicatrice représente le point d'entrée de la foudre dans son corps. Un mois après l'accident, Raphaëlle connaît une lente descente en enfer. "J'ai commencé à perdre la parole, puis à perdre l'écriture. Avant que ça disparaisse complètement, j'ai laissé une trace", explique-t-elle. Cette maîtresse d'école doit réapprendre à lire et à écrire. Huit ans après, elle rééduque aussi toujours son corps qui l'a fait souffrir.

"C'est comme si on vous enfilait des aiguilles dans les nerfs et là, vous avez des décharges électriques sur une échelle de douleur entre 0 et 10. Moi, je suis à 6 tout le temps, mais je ne vais pas me laisser abattre. C'est moi qui vais gagner", affirme-t-elle. Un combat difficile qu'elle mène aussi à travers la création d'une association d'aide aux victimes de la foudre.