La charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts que l’on rembourse à ceux qui nous prêtent l’argent – marchés financiers, fonds de pension américains et japonais... – est devenue le premier poste budgétaire de l’État devant celui de l’Éducation nationale. Pour rembourser progressivement une dette globale de 3 500 milliards d’euros, nous dépenserons cette année 64 milliards.

À l'heure où nous parlons, l'État français rembourse à un taux d’intérêt de 4% sur dix ans, soit plus qu’un ménage qui a un emprunt immobilier sur le dos et qui rembourse autour de 3%. Un déficit qui ne cesse d'augmenterL’État dépense, c'est normal, assurance maladie, frais de fonctionnement, masse salariale de la fonction publique…

Au refinancement de la dette des années passées s'ajoutent nos dépenses actuelles qui, malgré les appels à la modération de nombreux observateurs, ne cessent de progresser. Les causes ne sont pas uniquement nationales. La situation internationale, notamment les effets de la guerre au Moyen-Orient, a aussi sa part. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, la guerre provoque une hausse du coût des importations d’énergie (pétrole et gaz), ce qui pèse sur le budget de l’État.

Cette situation internationale vient s’ajouter à la prime de risque que les marchés financiers font payer à la France dans l’attente d’une clarification de ses dépenses publiques pour le budget 2027. La canicule et les incendies que connaît la France ont aussi un impact sur les finances publiques.

La baisse d’activité dans les régions concernées, ajoutée au financement de la lutte contre le feu et la reconstruction des zones sinistrées va alourdir la charge des finances publiques. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, annonce que l'État va prendre en charge intégralement les indemnités d'activité partielle versées aux PME et TPE situées dans les zones évacuées. Un nouveau "quoi qu'il en coûte".

Il est encore trop tôt pour donner un chiffre précis mais, d’évidence, canicule et incendies vont peser sur la croissance économique de la France et ses impératifs budgétaires. Lourde tâche pour le gouvernement, en pleine préparation du budget 2027.