Xenia Fedorova s'est vu remettre un arrêté d'expulsion mercredi 29 juillet, a annoncé le ministère de l'Intérieur à l'AFP, confirmant une information de Libération. Cette ancienne dirigeante de la chaîne d'Etat russe RT France est une intervenante régulière des médias de Vincent Bolloré depuis début 2025.

L'arrêté ministériel, consulté par Libération et que franceinfo s'est fait confirmer auprès d'une source proche du dossier, fait état d'un "comportement (qui) porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat". Le document estime que sa présence sur le territoire français "constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public".

Toujours de source proche du dossier à franceinfo, Xenia Fedorova a désormais la possibilité de quitter le territoire français et d'être libre. Qualifiée par le quai d'Orsay de "propagandiste patentée"Son avocat, Emmanuel Piwnica, a annoncé que sa cliente allait "immédiatement former un recours" contre son arrêté d'expulsion.

Le cas de Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, a plusieurs fois été évoqué au plus haut niveau de l'Etat, lors des débats sur les ingérences étrangères. Mi-mai, la patronne des eurodéputés Renew, Valérie Hayer, avait saisi l'Arcom, après des déclarations "propagandistes" prorusses tenues par Xenia Fedorova sur CNews et Europe 1.

Son titre de séjour renouvelé en 2024Début juin, Emmanuel Macron avait notamment déclaré que Xenia Fedorova était déjà au service de la "propagande d'Etat" russe en 2017 et que "les choses n'avaient pas changé" depuis.

"S'il faut interdire tous ceux qui font de la propagande avec des idées avec lesquelles on n'est pas d'accord, on va interdire beaucoup de monde", avait commenté le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le mois dernier, lors d'une conférence de presse consacrée aux ingérences étrangères sur les élections. Au mois de juin, le journal Le Monde avait révélé que Xenia Fedorova avait vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, ce qui avait suscité de nombreuses réactions.

L'octroi d'un titre de séjour à un étranger ne l'empêche pas d'être poursuivi "dès lors qu'il y a des troubles à l'ordre public", avait toutefois prévenu Laurent Nuñez, sur France Inter.