Edwige Diaz, députée RN de la Gironde et vice-présidente du parti, a déclaré lors de son interview vendredi 14 août sur franceinfo regretter le manque d'investissements du gouvernement dans les Canadair : "
On a Gabriel Attal qui nous dit : 'on va enlever 50 millions d'euros sur le budget de la Sécurité civile', concomitamment il donne 50 millions d'euros pour la Sécurité civile tunisienne."Gabriel Attal, quand il était Premier ministre, a bien signé un décret annulant des crédits à hauteur de 53 millions d'euros destinés à l'acquisition de deux Canadair. En revanche, la France n'a jamais donné 50 millions d'euros pour la Sécurité civile tunisienne. C'est un prêt de l'AFD, l'Agence française de Développement, dans le cadre d'un accord de financement signé en septembre 2024, entre la Tunisie et la France. Après les inondations qui ont causé la mort de cinq personnes dans le nord-est du pays en 2018, la Tunisie a décidé de moderniser son dispositif de secours, l'ONPC (Office Nationale de Protection Civile).L'AFD ne fait pas de la charité, mais des investissementsL'Agence française de Développement est une banque qui finance des projets, essentiellement à l'étranger, dans plus de 160 pays et dans les territoires d'Outre-mer, précise la FAQ en ligne. Il s'agit de projets autour de l'égalité femmes-hommes, la santé, l'éducation, le climat ou encore la biodiversité.Sur les 50 millions d'euros du prêt, l'AFD indique à franceinfo que les fonds sont issus à 100% d'emprunts auprès d'investisseurs privés et de fonds de banques centrales. À côté de cela, l'État français participe, comme un apport, pour faire baisser le taux d'intérêt. Les contribuables français payent pour les pompiers en Tunisie à hauteur de 500 000 euros par an, soit cinq millions d'euros sur vingt ans, la durée du prêt. Si on considère que la France compte 68 millions d'habitants, cela représente pour chaque Français une dépense de 0,14 euro en vingt ans.Des retombées économiques diverses pour la FranceL'expertise française est extrêmement reconnue d'après l'AFD, qui souligne "un retour sur investissement important". D'après les chiffres transmis par l'agence, entre 2020 et 2024, 64% des financements de l'AFD en Tunisie ont été décrochés par des entreprises françaises dans le cadre d'appels d'offres. Par ailleurs, ce ne sont pas des investissements à perte. La Tunisie sera amenée à rembourser son prêt et, selon les informations de franceinfo, le taux de ce prêt de l'AFD est d'environ 3%.Les retombées sont aussi concrètes sur le plan humain. Améliorer le dispositif des secours en Tunisie revient aussi à renforcer la sécurité des Français, qui sont un million à y voyager chaque année, selon le dernier bilan de l'Office national du tourisme. Enfin, dans le cadre de la charte de solidarité des sapeurs-pompiers à une échelle internationale, si un jour un tremblement de terre devait survenir en France, l'unité spéciale des pompiers en Tunisie pourrait alors venir en renfort.
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