En plein épisode caniculaire, le Sénat a adopté mercredi 8 juillet le projet de loi logement du gouvernement. Celui-ci contient des mesures d'adaptation aux fortes chaleurs mais aussi la remise en location décriée de "passoires thermiques". Ajouté à l'ordre du jour de la chambre haute à la dernière minute avant la suspension estivale des travaux parlementaires, le texte gouvernemental a été soutenu à main levée, malgré l'opposition de la gauche.

Le projet, dénoncé par des associations de défense des locataires, permet notamment d'assouplir certaines obligations de rénovation énergétique. Ainsi, les propriétaires de logements considérés comme des passoires énergétiques - diagnostic de performance énergétique G ou F, normalement interdits à la location dès 2028 - pourront les mettre en location dans certains cas.

La gauche dénonce un "recul"Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a salué l'adoption d'un texte qui "ouvre la voie à des centaines de milliers de rénovations supplémentaires", "adapte enfin nos logements aux défis du changement climatique" et fait "confiance aux maires". La gauche a elle dénoncé un "recul" dans le calendrier national de rénovation énergétique.

L'examen de ce texte a par ailleurs été l'occasion pour le Sénat, soutenu par le gouvernement, d'introduire certaines mesures d'adaptation aux canicules. Parmi elles, la prise en compte de la notion de "confort d'été" dans les critères d'une "rénovation performante" ou dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés.

Le Sénat a aussi voté pour instaurer un "droit de véto" motivé aux maires dans l'attribution des logements sociaux, une mesure très critiquée par la gauche qui craint la mise en place dans certaines communes d'une "préférence nationale" voire de choix "discriminatoires".