Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Passer la nuit en pleine nature avec, au réveil, la vue sur le lac du Lauvitel. Au cœur du parc des Écrins, c’est la troisième fois qu’Emilien Prungnaud, campeur, bivouaque sur le site. Mais il n’a jamais vu cet espace aussi fréquenté. "On est passé d’une dizaine de tentes il y a trois ans, à 25 tentes cette nuit, à peu près. On a quand même un engouement qui est visible à l’échelle de l’aire de bivouac", constate-t-il.De nombreux acteurs sur le marchéÀ quelques mètres, Raphaël et ses amis, eux, viennent sur place pour la première fois. Et ce n’est pas que pour le paysage qu’ils apprécient ce mode de vacances. "Ce qui est cool avec le bivouac, c’est qu’on fait un investissement une fois sur tout le matos dont on a besoin, comme la tente, le duvet, le matelas, etc. Et ensuite, on peut bivouaquer à vie. Donc, forcément, si on fait plusieurs fois du bivouac, c’est beaucoup moins cher", explique Raphaël Lecarpentier, campeur.L’activité séduit de plus en plus et les marques dans les rayons l’ont bien compris. En cinq ans, plus d’une vingtaine de nouveaux acteurs sont arrivés sur le marché avec une gamme de produits de plus en plus large pour s’adapter à tous les budgets. "La tente entrée-de-gamme pour une personne, et ça va être à 69 euros. Ou on peut passer sur des tentes plus techniques pour la personne qui veut randonner plus souvent et être confort. Et là, ça va être une tente très légère qui monte un petit peu plus dans les prix. On est au-dessus des 500 euros", expose Johanny Ecolasse, vendeur Aux Vieux Campeur à Grenoble (Isère).À cela, il faut ajouter au minimum un duvet et un matelas qui peuvent aussi grimper à une centaine d’euros en moyenne. Et les industriels exploitent le filon jusque dans l’assiette des repas lyophilisés à 10 euros en moyenne la portion. "Avant, on avait tout ce qui était pâtes. Maintenant, ils nous présentent un peu plus de plats complexes, comme tout ce qui va être wok de nouilles, ou alors encore plus complexe, le hachis parmentier. C’est assez léger et compact. Maintenant, c’est aussi assez bon. Donc, pour partir en montagne, c’est assez avantageux", détaille Johanny Ecolasse.Des stages pour adopter les bons gestesDe plus en plus de bivouaqueurs et davantage de dégradations : déchets, nuisances sonores et feux de camp non autorisés. Alors, certains guides se lancent dans une nouvelle activité. Florent Naud organise des stages d’initiation.

Objectif : faire adopter les bons comportements. "J’ai envie de sensibiliser les gens, de transmettre un peu les bons gestes. Comme il y a de plus en plus de fréquentation, il y a aussi de plus en plus de mauvais gestes et de mauvaises façons de faire du bivouac", déplore Florent Naud, accompagnateur en montagne.Ce jour-là, il emmène la famille Meyer pour une nuit en altitude. Après trois heures de marche, premier conseil avant d’installer le campement : "On va se mettre là où c’est le plus plat possible. À la moindre pente, ça va vous gêner. On essaie de regarder aussi s’il n’y a pas d’insectes, s’il n’y a pas de déjection animale, tout ça."

Prix du stage : 25 euros par personne. Un tarif qui comprend le prêt d’une partie du matériel, hamac, mais aussi tente et matelas. C’est notamment ce qui a séduit la famille. Une fois le campement installé, un repas est servi pour le groupe avant d’aller dormir. Une expérience qui a donné envie à la famille Meyer de repartir en toute autonomie. Pour Florent, ces stages d’initiation sont une activité complémentaire qui lui rapporte plus de 1 000 euros chaque année.