"Nous n'avons jamais abandonné Le Porge." Le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Gironde, Marc Vermeulen, dément, jeudi 6 août, les accusations formulées par des habitants du village sinistré par le mégafeu ayant frappé le département, qui affirment avoir été "sacrifiés" au profit d'autres localités.

À lire aussi : Info franceinfo "Le Porge a été sacrifié" : un collectif d'habitants de cette commune de Gironde se constitue en vue d'une action judiciaire, après l'incendie qui a ravagé leurs maisons De nombreux habitants du Porge, commune qui concentre 183 des 240 habitations brûlées, estiment avoir été "abandonnés" au profit des stars qui habitent sur la presqu'île du Cap Ferret. "Je ne suis pas mondain, ils n'ont pas mon numéro", balaye le patron des pompiers dans un entretien au journal Sud Ouest. "Je n'ai reçu aucune pression" d'une "quelconque autorité, corps préfectoral ou élu", insiste le pompier auprès du quotidien régional.Près de 90% du bâti menacé par l'incendie "a été préservé""Oui, il y a eu du mouvement vers Lacanau et Lège", commune de la très chic et touristique presqu'île, "mais [un mouvement] de médecins, de camions de carburant, de soutien sanitaire, etc. Il n'y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu", martèle le contrôleur général Marc Vermeulen, chiffres à l'appui, reconnaissant que "la manœuvre a pu susciter une incompréhension". Alors que les résidents et touristes du Cap Ferret se trouvaient dans un "cul-de-sac", le feu arrivant par le nord, "je réponds à la priorité numéro 1 : sauver des vies", qui "jusqu'à nouvel ordre, ont toutes la même valeur", affirme le directeur du Sdis de Gironde. "Il n'y a aucune victime dans la population", souligne-t-il, ajoutant que "selon une première étude, 90% du bâti" menacé par l'incendie "a été préservé".Marc Vermeulen répond aussi aux critiques formulées contre la gestion du départ de feu, le 22 juillet à Saumos. Son déclenchement est signalé à 12h02, et les premiers pompiers sont intervenus 16 minutes plus tard, appuyés dans l'heure par des moyens aériens (un Dash puis quatre Air Tractor), détaille l'officier. "On nous fait un procès injuste. Après la mort de nos camarades dans un bois à Mérignac [le 21 juillet], quand j'entends que l'on attend [le feu] sur le bord des routes, j'ai quelquefois du mal à garder mon calme", lâche Marc Vermeulen. "Il n'y a eu aucune consigne de ne pas s'engager dans le massif", ajoute le responsable, pour qui "l'engagement des pompiers a été total." Ce mégafeu, le plus dévastateur en France depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" mais reste sous surveillance étroite.