Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Nichée au cœur des plus beaux sommets alpins, la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, la plus haute de France, est une étape incontournable du très populaire tour du Mont Blanc. Ils sont toujours plus nombreux à emprunter ces sentiers, traverser un environnement encore préservé, mais fragile. Plusieurs fois par semaine, les patrouilles de la réserve naturelle sensibilisent les randonneurs sur le terrain, comme une famille installée à Annecy."L'objectif, c'est de laisser le milieu naturel comme on l'a trouvé", les prévient Mailys Doucet, conservatrice de la réserve naturelle des Contamines-Montjoie. Eux, sont déjà bien conscients de la pression touristique. "On entend de plus en plus parler de l'essor du tourisme autour du Mont Blanc et on sent bien que ça a un énorme impact sur l'environnement", admet une promeneuse du groupe.Car dans la réserve, le nombre de randonneurs a explosé. Ils étaient 40 000 à l'été 2019, et plus de 100 000 l'été dernier, en 2025. Pour les agents de la réserve, cette surfréquentation peut nuire aux espèces alpines. "Il y a de plus en plus de gens qui pratiquent le trail, le bivouac. La multiplicité de ces pratiques fait qu'aujourd'hui, il y a très peu d'espace de tranquillité pour la faune et il y a de moins en moins aussi de périodes de tranquillité pour la faune", souligne Mailys Doucet.700 infractions et une trentaine de verbalisations l'été dernierAlors, pour la première fois cet été, le bivouac sauvage est interdit dans la réserve naturelle. Les lacs d'altitude étaient prisés des campeurs. Les patrouilles doivent s'assurer que personne n'enfreigne les nouvelles règles. Deux randonneurs néerlandais viennent d'entamer leur tour du Mont Blanc. "On aimerait trouver un endroit pour bivouaquer ici", confie l'un d'eux à Mailys. "Ça ne va pas être possible. Le bivouac est strictement interdit ici", leur indique-t-elle. Les deux amis disent ne pas être au courant des nouvelles restrictions. Ils ne seront pas sanctionnés cette fois-ci, car leur tente n'était pas encore installée. "Je comprends qu'il faille réglementer le tour du Mont Blanc, mais c'est dommage. Il y a beaucoup de campeurs qui respectent la nature et ne laissent pas de déchets derrière eux", réagit l'un des jeunes hommes.Pourtant, l'été dernier, la police de l'environnement a constaté quelque 700 infractions et procédé à une trentaine de verbalisations. Autour du lac, les dégradations, comme une trace de feu, sont encore bien visibles. Jusqu'à 50 tentes pouvaient passer la nuit sur place. "C'est aussi plein de sites de litières sauvages, de toilettes sauvages. Et oui, ces déchets, ces zones de sol qui sont complètement mortes, sont des traces finalement de notre passage, et surtout de comportements qui dégradent les milieux naturels", pointe Mailys.Deux aires de campement autorisées, avec quotaDésormais, pour passer la nuit, les campeurs doivent se rendre sur l'une des deux seules aires autorisées. Réservation obligatoire avec un quota de 90 tentes maximum. La mesure est plutôt bien acceptée. "On comprend, parce qu'aujourd'hui, ces espaces naturels sont de plus en plus sollicités par beaucoup de randonneurs", pointe un campeur.

Une mère de famille ajoute : "Je trouve ça plutôt pas mal. Il faut juste la connaître, en fait, pour pouvoir anticiper. On a eu de la chance, mais si on n'avait pas eu de place, ça aurait été la grosse déception, quand même !"La mise en place de ces aires obligatoires permet aussi de faciliter le nettoyage d'éventuels déchets laissés par les campeurs. "Des sacs de couchage, des lanières, des sachets de thé, des papiers, des mouchoirs… Aujourd'hui, ils sont concentrés sur les aires de bivouac qui ont été matérialisées. Mais c'est vrai qu'avant, ce type de déchets, on pouvait les retrouver partout", explique Vanessa Tani, la directrice des services techniques des Contamines-Montjoie.Des réglementations supplémentaires pourraient entrer en vigueur l'été prochain pour préserver encore davantage l'un des plus beaux sentiers de randonnée en Europe.