Très critiqué par le camp conservateur, le président réformateur Masoud Pezeshkian a fait part mercredi 5 août des difficultés qu’il y avait à communiquer avec Mojtaba Khamenei. Une déclaration lourde de sens, dans un contexte de lutte de pouvoir entre le président et les Gardiens de la révolution et de rumeurs sur sa possible démission.

Le président iranien, Masoud Pezeshkian, à Nadjaf, en Irak, le 7 juillet 2026, peu avant la cérémonie funéraire de l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février. PHOTO BUREAU PRÉSIDENTIEL IRANIEN/REUTERS Partager Écouter l’article Ajouter aux favoris Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a déclaré, mercredi 5 août, qu’il était “très difficile de communiquer” avec le nouveau guide suprême du pays, Mojtaba Khamenei, absent de la scène publique depuis son entrée en fonctions.

“Il est actuellement très difficile de communiquer avec lui, mais sa présence est pour nous une source de force morale”, a-t-il affirmé, repris par le média opposant IranWire .

Arrivé au pouvoir en 2024 en promettant de normaliser les relations avec l’Occident, le président réformateur aurait menacé plusieurs fois de démissionner ces derniers mois sous la pression des conservateurs anti-occidentaux, selon la presse iranienne. Des informations systématiquement démenties, alors que les dissensions parmi les dirigeants de la République islamique au sujet de l’accord conclu en juin avec les États-Unis persistent.

Mais cette semaine, un membre de la famille Khamenei a suscité la polémique en affirmant que le président avait de nouveau menacé de démissionner et que Mojtaba Khamenei l’avait averti qu’il accepterait sa démission s’il renouvelait cette demande. Fait rare, le bureau du guide suprême a immédiatement démenti ces déclarations, les qualifiant de “fondamentalement fausses et mensongères”, rapporte le média modéré Tabnak.

Numéro deux de la République islamique, Masoud Pezeshkian fait face à des rivalités internes et à une montée en puissance des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, depuis le début de la guerre.

Les ultraconservateurs, qui dénoncent régulièrement tout accord avec les États-Unis comme étant un “compromis”, l’accusent notamment de prendre des décisions sans consulter le guide suprême. À la mi-juin, Pezeshkian avait signé avec Donald Trump, par voie numérique, un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre avec les États-Unis.

Article réservé aux abonnés Reportage. En Iran, la police des mœurs a disparu du paysage