Face aux maisons de plus en plus fissurées à cause du dérèglement climatique, "si on ne fait rien, le coût va être énorme", ce sera "l'effondrement du parc immobilier", prévient Dominique Goldsztejn, vice-présidente de l'association urgence maisons fissurées (AUMF). Elle réclame un "financement pérenne et un système qui soit beaucoup plus éthique et beaucoup plus juste" jeudi 6 août sur franceinfo.

À lire aussi Maisons fissurées : le retrait-gonflement des argiles "une bombe à retardement", s'inquiète la députée écologiste Sandrine Rousseau Les épisodes de sécheresse puis de pluies intenses à répétition multiplient les fissures des maisons. Presqu'aucune région en France n'est aujourd'hui épargnée par ce phénomène de retrait et de gonflement des sols argileux. Pire, l'association constate une accélération. "On dit que c'est une maison sur deux, mais c'est plus d'une maison sur deux aujourd'hui", alerte Dominique Goldsztejn.500 milliards d'euros nécessairesElle regrette que les RGA (retraits gonflements d'argile) soient "enfermés dans le régime des catastrophes naturelles comme quelque chose d'imprévisible, or c'est prévisible". 500 milliards d'euros sont estimés nécessaires pour sauver les maisons fissurées. "C'est vraiment une crise financière et sociale qui s'annonce puisque les maisons vont perdre de leur valeur", prévient Dominique Goldsztejn.L'association milite pour "un fonds d'indemnisation spécifique dédié aux RGA". "Aujourd'hui, les assureurs utilisent nos primes pour nous indemniser. Nous, ce qu'on demande, c'est de mettre un fonds à la hauteur des besoins, de réparer les maisons déjà fissurées, abandonnées depuis des années et surtout de faire de la prévention et d'empêcher qu'on construise aujourd'hui des maisons potentiellement fissurables", explique Dominique Goldsztejn. "Le Japon sait construire en antisismique, il faut qu'on sache construire en France en tenant compte qu'on est un pays argileux."Dominique Goldsztejn, vice-présidente de l'association urgence maisons fissuréesà franceinfoCe fonds pourrait être financé par "la solidarité nationale et un micro financement", qui serait adossé à un prêt d'État pour le garantir. Dominique Goldsztejn appelle donc à organiser un Grenelle du RGA.