L'ONU continue d'alerter au sujet de la ville soudanaise d'El-Obeid, sur fond de guerre entre l'armée et les rebelles des Forces de soutien rapide (FSR). La situation humanitaire s'y détériore rapidement, alors que les camps de déplacés débordent avec l'arrivée de nouvelles personnes, ont prévenu les Nations unies, vendredi 17 juillet.

À lire aussi : Témoignages "Tout le monde est touché" : à El Obeid dans le sud du Soudan, l'ONU craint "l'escalade des violences" Depuis des semaines, l'ONU redoute que des atrocités similaires à celles commises à El-Fasher, lors de l'assaut des paramilitaires des FSR, se répéter. Nœud stratégique dans la région du Kordofan méridional, El-Obeid est encerclée depuis des mois par les rebelles.Une ville "sous pression pour la nourriture, l'eau, le carburant"D'après le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, la population a pratiquement doublé. "La ville reste sous pression pour la nourriture, l'eau et le carburant", a déclaré Abdallah Alwardat, directeur du PAM pour le Soudan, après avoir visité El-Obeid jeudi. Selon lui, plus de 120 000 personnes vivent dans des camps, mais beaucoup d'autres sont hébergées par des communautés ou se construisent leur propre abri. Des stocks de nourriture sont en préparation pour augmenter la distribution d'aide alimentaire, afin de toucher plus de 250 000 personnes à El-Obeid et ses environs, si les conditions le permettent.La guerre entre l'armée régulière soudanaise et les rebelles des FSR, qui a éclaté en avril 2023, a tué 200 000 personnes selon certaines estimations, et déplacé plus de 11 millions de Soudanais. Plusieurs régions du pays ont connu la famine. La mission indépendante d'enquête de l'ONU sur le Soudan a récemment conclu que le siège et la prise d'El-Fasher, au Darfour, portaient "les marques d'un génocide".