Au moins 38 membres des forces gouvernementales yéménites ont été tués dans des attaques de drones et de missiles menées par les rebelles houthis, jeudi 6 août. Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis la trêve de 2022 entre les deux camps. Les houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé avoir agi en représailles au récent renforcement, selon eux, des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite.Les attaques ont visé un camp militaire dans la province de Marib, dans le centre du pays, ainsi que d'autres dans la province d'Hadramout, près de la frontière avec l'Arabie saoudite, a-t-il précisé. Ces frappes ont été revendiquées par les houthis, dans un communiqué. "Nos forces armées ont conduit une opération de grande envergure visant des concentrations de troupes ennemies", a commenté leur porte-parole militaire, Yahya Saree. Des sources médicales ont fait état à l'AFP de 38 morts et 29 blessés. Un blocus maritime contre la flotte saoudienneLa guerre au Yémen avait débuté en 2014 lorsque les rebelles houthis avaient lancé depuis leur fief de Saada, une région du nord du pays près de la frontière saoudienne, une grande offensive. Les rebelles avaient pris le contrôle de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa. Fragilisé, le gouvernement yéménite avait reçu l'aide en 2015 d'une coalition militaire menée par Ryad. Une trêve négociée par l'ONU tenait depuis 2022, mais les hostilités ont repris le mois dernier entre les houthis pro-iranien et l'Arabie saoudite, alliée de Washington.
À lire aussi Guerre au Moyen-Orient : au Yémen, la crainte d'une prise de contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb par les Houthis Elles ont été déclenchées après la tentative d'atterrissage dans la capitale Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite. Les houthis ont depuis mené plusieurs attaques contre des intérêts saoudiens. Mercredi, ils ont déclaré avoir attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé en juillet à l'encontre de la flotte saoudienne.Cette mesure fait peser un risque sur la capacité de l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, à acheminer son pétrole vers les marchés internationaux. En effet, ses exportations sont déjà contrariées par le verrouillage iranien du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule. Par ailleurs, les rebelles yéménites ont aussi frappé des infrastructures en Arabie saoudite, qui a de son côté tiré contre des positions des Houthis.
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F06%2F6a74be6d46a89959282839.jpg&w=1600&q=75)





