Commencer par la fin : les dix comédiens ont eu droit à une longue ovation debout, lors de la première d’Olympe(s), le 10 juillet à la Salle 200 à La Scala d’Avignon. S ou Comment nous ne sommes pas devenues célèbres, Justine Heynemann et Rachel Arditi s’emparent de la figure mythique d’Olympe de Gouges, première figure du féminisme moderne, rédactrice en 1791 de la Déclaration de la droits de la femme et de la citoyenne.
Scène de la pièce "Olympe(s)" de Rachel Arditi et Justine Heynemann. (JULIEN PIFFAUT) Olympe(s) n’est pas une pièce biographique de "l’auteuresse" et metteuse en scène qui s’est battue ardemment (et vainement) pour faire jouer son texte Zamore et Mirza à la Comédie-Française. Un texte jugé original et puissant jusqu’à ce que les autorités découvrent que l’auteur était une autrice. Olympe(s) au pluriel car l’œuvre dit aussi Rose Lacombe, Théroigne de Méricourt…
Elle met en évidence un collectif réuni autour d’une femme forte. Olympe de Gouges est la somme de tous les combats. Fuyant un mariage forcé et malheureux, elle se réfugie avec son fils à Paris dans les années 1770. La misogynie des autorités culturelles la pousse dans les bras de la Révolution.
Déçue par la Révolution qui laisse de côté la moitié de la population, révoltée par la violence, elle questionne la place de la femme dans une société qui, justement, ne lui fait pas de place. Justine Heynemann et Rachel Arditi tressent les éléments historiques avec les enjeux contemporains. Elles tendent un miroir à la société actuelle. Scène de la pièce "Olympe(s)" de Rachel Arditi et Justine Heynemann.
(JULIEN PIFFAUT) Sur scène, le spectacle s’ouvre sur la fin d’une représentation. Parce qu’Olympe(s) est aussi une ode à la création, au théâtre. Mais "Beaumarchais, bof". L’humour est au détour de chaque phrase et le personnage de l’auteur des Noces de Figaro est à la fois loufoque et caricatural. Imbu de sa personne, il concentre tous les clichés d’un parvenu sexiste. Olympe(s) est aussi une comédie musicale enfiévrée, joyeuse et engagée.
Les tableaux musicaux servent entièrement le propos et la narration. Un sujet fort, traité sur le ton d'une comédie enlevée, le tout porté par des comédiens habités et inspirés... Olympe(s) fait du bien, tout en donnant à réfléchir. Un spectacle euphorisant.
(Olympe(s), La Scala Provence, avec Rachel Arditi, Éléonore Arnaud, Valérian Béhar-Bonnet, Simon Cohen, Juliette Perret, Antoine Prud’homme de La Boussinière, Marie Sambourg, Sylvain Sounier, Adrien Urso, Kim Verschueren, jusqu'au 25 juillet)

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