Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Il est reconnaissable parmi tous les autres bateaux. Avec sa coque noire et ses voiles ocre, le sinagot, paré de ses atours, est le seigneur du golfe du Morbihan. Un voilier traditionnel, vestige de l'âge d'or de la pêche et joyau du patrimoine aujourd'hui menacé. Dans le port de Séné (Morbihan), un bateau est le fruit de toutes les attentions.

"On met un produit, un mélange d'huile de lin, d'essence de térébenthine et de goudron norvégien. Ce produit pénètre bien le bois, protège des parasites et des champignons. Il est le seul sinagot d'époque encore en navigation. Construit en 1943, classé monument historique, il a été un vrai coup de cœur pour Catherine Bras, elle aussi bénévole. "Je trouvais ces bateaux tellement beaux que je me suis inscrite dans l'association avant même d'avoir navigué dessus.

Des chaloupes difficiles à manœuvrerPour se mettre dans la peau des pêcheurs, il faut d'abord quitter la rivière de Vannes et à l'entrée du golfe, c'est le même rituel à chaque sortie : une prière. Les bénévoles se confrontent alors à la difficulté de manœuvrer ces chaloupes et hisser la grand-voile. "On essaie de comprendre comment des gens pouvaient naviguer sur ces bateaux, manger, travailler, vendre leur pêche et en même temps vivre. C'était un métier difficile.

Les sinagots délaissés au début du XXème siècleAu début du XXème siècle, 160 sinagots sillonnent les eaux du golfe. À bord, des pêcheurs modestes. La chaloupe est utilisée pour la drague des huîtres sauvages, pour la pêche côtière. Avec la modernisation des bateaux, ils seront rapidement délaissés. "Ces bateaux n'ont pas de moteur. Les déplacements étaient soit à l'aviron, soit tractés par une barque à l'aviron.

À l'apparition du moteur, ils ont trouvé des coques beaucoup plus sympathiques professionnellement. Aujourd'hui, seuls six bateaux battent encore les flots. Des copies de l'original, uniquement conçus pour la plaisance. "Des fois, quand c'est calme, il n'y a pas trop de vent, ils nous laissent la barre. Je ne sais pas si aujourd'hui, elle va nous la laisser", observe Chantal, qui emmène sa petite fille pour la première fois.

La fierté d'une régionSur un autre sinagot, l'heure est à la formation également pour un jeune mousse. "J'ai plein de choses à apprendre. En plus, l'équipage est très sympa. La transmission de leur passion, le seul salut pour ces voiliers majestueux, et la fierté de tous les habitants du Golfe du Morbihan.