Quatre ans après la demi-finale, remportée au Qatar (2-0), les Bleus retrouvent le Maroc à un stade très avancé de la Coupe du monde, jeudi 9 juillet. Le choc entre le vice-champion du monde et l'officiel champion d'Afrique promet. À la veille du match, en conférence de presse, Didier Deschamps s'est volontairement montré superficiel sur son approche tactique. Il s'est contenté de parler de l'importance "d'être le plus efficace possible offensivement et dans l'autre sens, [défensivement]". À lire aussi • Direct France-Maroc : les Bleus défient les Lions de l'Atlas à 22 heures pour une place en demi-finale, suivez le match avec nous Son adjoint Guy Stéphan s'était montré plus bavard deux jours plus tôt, et s'attend à "une opposition totalement différente" du Paraguay et son bloc bas. Le match opposera deux équipes qui aiment avoir le ballon dans les pieds, avec un dispositif tactique similaire et avec un potentiel créatif bien au-dessus de la moyenne.

Franceinfo: sport a identifié trois clés qui décideront de l'issue de la rencontre. À lire aussi Quatre ans après, une équipe du Maroc toujours aussi compétitive affronte à nouveau la France en quarts de finale de la Coupe du monde Limiter l'influence des milieux créatifs marocainsLa grande force du Maroc réside dans son milieu de terrain. Il est composé d'un duo de récupérateurs contrôleurs Ayyoub Bouaddi-Neil El-Aynaoui qui lui permet d'asseoir son jeu et d'afficher 60,4% de possession moyenne depuis le début du tournoi (au même niveau que la France et ses 60,8%). Surtout, il y a ce trio très doué sur le plan technique, de droite à gauche, Brahim Diaz-Azzedine Ounahi-Bilal El Khannouss de droite à gauche.Guy Stéphan a insisté sur la qualité en transition des Lions de l'Atlas. S'ils se trouvent, ces trois joueurs peuvent faire progresser le ballon très rapidement vers la surface tricolore. "Ils jouent, comme nous, en 4-2-3-1 avec le ballon. Ils ont l'habitude de presser l'adversaire. La capacité qu'on aura à sortir les ballons, à être forts techniquement à la relance sera importante, comme celle de gagner les duels en étant nombreux à la récupération", a analysé l'adjoint de "DD".Face à trois milieux attirés par l'axe, les Bleus devront défendre intelligemment. Si Aurélien Tchouameni ne peut pas tenir sa place - ce dernier était de retour à l'entraînement mercredi -, Manu Koné devra probablement limiter ses projections avec le ballon pour préserver l'unité du bloc. Et si le Maroc peut finalement compter sur Ismaël Saibari – touché aux ischio-jambiers contre le Canada –, son milieu de terrain installé comme attaquant depuis le début du tournoi, le demi-finaliste sera encore plus redoutable dans les petits espaces.Solidifier le flanc gauche, terrain d'expression d'Achraf HakimiLe côté le moins stable de l'équipe de France depuis le début du tournoi fera face au côté le plus dangereux du Maroc, jeudi. Lucas Digne (ou Theo Hernandez) et Bradley Barcola (ou Désiré Doué) attaqueront, mais surtout défendront, là où Achraf Hakimi et Brahim Diaz, le deuxième meilleur passeur du Mondial (quatre passes décisives), ont prévu de faire le gros de leur travail offensif.

À lire aussi France-Maroc : "Je ne vais pas considérer l'arbitre comme un adversaire", assure Didier Deschamps après la nomination de l'Argentin Facundo Tello Si le plan de jeu de Didier Deschamps sera vraisemblablement le même que celui des tours précédents, des ajustements sont attendus pour ne pas laisser trop d'espaces aux deux Marocains. Le soutien et la couverture d'Adrien Rabiot seront essentiels pour préserver la solidité du bloc équipe.Les Bleus ont un avantage. "Mes joueurs les connaissent très bien. Certains sont dans le même club, voire amis", a soufflé Didier Deschamps. Désiré Doué, Bradley Barcola, Lucas Hernandez, Warren Zaïre-Emery et Ousmane Dembélé ont quelques infos sur Achraf Hakimi, leur coéquipier au PSG. Même chose pour Kylian Mbappé et Aurélien Tchouameni, qui portent le maillot du Real Madrid le reste de l'année, aux côtés de Brahim Diaz.Exploiter les failles de la défense marocaineLe Maroc est loin d'être la meilleure défense de ce Mondial. Yassine Bounou a notamment encaissé deux buts contre Haïti (4-2), un adversaire déjà éliminé, muet dans ses deux premiers matchs, et 83e au classement Fifa. Le forfait de Nayef Aguerd, habituel titulaire en défense centrale, n'aide pas. Pour le quart de finale, le jeune Chadi Riad, révélation avec Crystal Palace cette saison, est incertain.La charnière composée d'Issa Diop, buteur contre les Pays-Bas mais pas toujours rassurant, et de Redouane Halhal, international seulement depuis mars dernier, pourrait être reconduite après le 3-0 contre le Canada. Mais elle aura fort à faire contre la meilleure attaque du tournoi (14 buts). Une autre solution pour les Marocains, serait de demander au latéral gauche Noussair Mazraoui de fermer l'axe.Si Mohamed Ouahbi, le sélectionneur marocain, a trouvé la solution défensive au coup d'envoi, les Bleus pourront déplacer le problème et le forcer à s'adapter plusieurs fois pendant le match. L'extrême polyvalence des attaquants tricolores, et leur propension à permuter, seront un atout essentiel pour désorganiser cette défense qui n'offre pas toutes les garanties.