Ce n'était pas la Coupe du monde de trop pour Lionel Messi, loin de là. Mais il aura manqué quelque chose à l'octuple Ballon d'Or pour aller chercher un deuxième sacre planétaire. Au moment où Ferran Torres a trouvé la faille et célébré comme un beau diable (106e, 1-0), le petit génie était seul près de la ligne médiane, la tête basse et son rêve envolé, au bout d'une rencontre dans laquelle il n'a jamais vraiment existé.
Une bien triste fin pour le capitaine argentin, incapable cette fois d'amorcer la révolte, malgré une présence plus remarquée en prolongation. Une influence réduite à néantMais le maestro argentin a terminé sur une fausse note, sa boîte à magie ayant été totalement ensevelie sous l'implacable rouleau compresseur espagnol. L'Argentine n'a tenté son premier tir qu'à la 120e, et Messi n'a touché le cuir qu'à 54 reprises, une goutte d'eau pour le maître à jouer.
L'expulsion de son lieutenant Enzo Fernandez, juste avant la prolongation, n'a certes pas aidé. Cependant, rien n'a été fait auparavant pour laisser entrevoir un dernier éclair du génie.
À lire aussi L'Espagne s'offre une deuxième étoile en venant à bout de l'Argentine en finale de la Coupe du monde 2026 L'octuple Ballon d'or a comme d'habitude laissé le pressing à son binôme d'attaque, Julian Alvarez, pour se concentrer sur ce qu'il fait le mieux : scanner le terrain à la recherche du petit espace laissé libre, pour s'y engouffrer et déclencher ses coups de rein ou coups de pied magiques.
Dans le premier quart d'heure, il n'a touché le ballon qu'une fois: sur le coup d'envoi. Il a rejoint les vestiaires à la pause avec un compteur affichant quinze ballons touchés, aucun dans la surface.
En 2016, il avait déjà dit adieu au MetLife Stadium"On n'a encore rien vu de Messi jusqu'à présent, mais nous savons tous, et l'Espagne le sait aussi, que s'il a cette occasion, il pourrait bien la saisir", a commenté l'ancien international anglais Alan Shearer sur BBC One, à un quart d'heure de la fin du temps réglementaire. Mais la suite des événements ne lui a pas donné raison. C'était un jour sans, pour Messi et les siens.
A 39 ans, l'ancien joueur FC Barcelone pourrait tirer un trait sur son épatante carrière internationale (125 buts en 207 sélections) dans le Metlife stadium de la banlieue new-yorkaise, comme il l'avait fait déjà en 2016, avant de revenir sur sa décision peu après.
"La sélection, c'est fini pour moi, c'est la quatrième finale que je perds, la troisième de suite", avait-il expliqué en référence aux défaites en finale du Mondial-2014 contre l'Allemagne (1-0), en prolongation, puis des Copa America 2015 et 2016. Tout le pays l'avait supplié de revenir, du président de l'époque Mauricio Macri à la légende Diego Maradona. Messi avait changé d'avis, 47 jours après son annonce surprise.
Depuis, l'actuel joueur de l'Inter Miami a gagné deux titres en Copa America (2021 et 2024), une Finalissima contre le champion d'Europe (l'Italie en 2022) et une Coupe du monde (2022). Mais pas deux.






