Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Un concentré d'extravagance et de sensualité. Des talents en talons qui font vibrer leur féminité et cassent les codes avec leur cabaret. Une fois par mois dans le Perche, les drag queens des Papes Paillettes y font leur show.
Une spectatrice confie : "C'est magnifique. Franchement, la salle est pleine."
Un autre ajoute : "Ça change un petit peu, ça ouvre les portes et on s'éclate."Quelques heures plus tôt, dans un petit village de l'Orne, à côté de Nogent-le-Rotrou, la drag queen Blondie Vegas se prépare. De bonnes heures de maquillage pour rentrer dans son personnage, elle raconte : "C'est un peu comme un filet en costume de super-héros, et puis tout d'un coup, on a l'impression qu'on peut tout faire, quoi, qu'on peut tout dire et que les gens vont nous écouter." L'occasion pour ces artistes, habitués aux cabarets parisiens, de se frotter à un public peu coutumier de leur art. "À Paris, les gens ont un peu l'habitude de ce monde-là, on va dire. Ici, les gens n'ont pas l'habitude, mais c'est avec bienveillance qu'ils accueillent ça. On essaie de ne pas trop brusquer, on va à leur vitesse", explique The Ily Sina Drag Queen.
Brie Van de Who Drag Queen ajoute : "Je fais plus de variétés françaises, je fais plus de chansons, même plus anciennes, on va dire, pour répondre à la demande d'un public qui est peut-être un petit peu plus âgé et qui, du coup, connaît un petit peu moins les chansons qui viennent de sortir."Un public conquis par le spectacleDéjà l'heure d'accueillir le public. Les spectateurs ont déboursé 55 euros par personne pour cette soirée. Trois heures d'un dîner-spectacle où une dizaine d'artistes se relaient. Sur scène, un hommage à Mylène Farmer. Un joyeux cocktail qui marie les stars d'électro-pop aux prestations de Blondie Vegas, tout en émotion avec Lara Fabian. Je suis là pour finir de conquérir les 150 convives de la soirée.
Une spectatrice est conquise : "Moi, je ne le connaissais pas du tout. Elles ont leur place ici."
Blondie Vegas explique : "C'est les femmes qui viennent, mais c'est les hommes qui s'éclatent le plus quand ils sont là. Au début, ils sont un petit peu coincés, ils ne savent pas trop. Et après, ils sont là, ils crient, ils sifflent. Ils sont à fond."Un pari réussi dans une petite communeUn cabaret de drag queens en province, un pari pour des artistes installés comme Blondie et son ami dans une petite commune d'un millier d'habitants.
Un riverain raconte : "On a besoin de sortir cette espèce de virilité avec quelque chose d'établi, côté masculin, brutal, féroce, avec des vieux clichés qui perduraient dans la campagne."Au quotidien, l'artiste trans vit de la couture, des costumes qu'elle crée depuis une dizaine d'années. 70 au total, comme son manteau de crin à la dentelle. Ou une robe pour un concours de drag, elle raconte : "En fait, c'est vraiment l'idée de faire un truc cabaret, un peu comme les meneuses de revue." Depuis un an, le cabaret du Perche affiche pratiquement complet. Défi réussi pour les Papes à Paillettes. Un spectacle haut en couleur où les artistes peuvent brandir avec fierté les valeurs de leur communauté.
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