Quatre mois après le rétablissement des tests de féminité aux prochains Jeux olympiques qu'il avait déplorés, le gouvernement français lance un Observatoire des variations, de l’intersexuation et de l’identité dans le sport pour "éclairer les choix des pouvoirs publics", avec un premier rapport attendu au deuxième semestre 2026. "Les évolutions engagées par les instances sportives internationales soulèvent des questions majeures auxquelles nous devons répondre avec responsabilité", a déclaré, jeudi 23 juillet dans un communiqué, la ministre des Sports Marina Ferrari. Elle avait à l'époque fait part de sa "grande préoccupation" et dénoncé "un retour en arrière", alors qu'en France les lois de bioéthique n'autorisent pas de tests génétiques sans nécessité médicale. "La France continuera de défendre sans relâche les principes fondamentaux qui ont toujours fondé son action : l'équité sportive, la protection de l'intégrité physique et psychologique des athlètes, en particulier les femmes, ainsi que la lutte contre toutes les formes de discrimination", ajoute-t-elle."Nous donnons les moyens d'éclairer les décisions publiques"Fin 2024, un rapport sur la transidentité et le sport de haut niveau avait été remis au gouvernement, rédigé par un comité d'experts présidé par le professeur Jean-François Toussaint, directeur de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes), et Sandra Forgues, médaillée d'or en canoë biplace aux JO de 1996 en tant qu'homme, sous le nom de Wilfrid Forgues, avant d'entamer sa transition. Suite aux préconisations de ce rapport, "Marina Ferrari a décidé de créer l'Observatoire des variations du développement, de l'intersexuation et de l'identité dans le sport (OVIDIS)"."Avec cet observatoire, nous nous donnons les moyens d'éclairer les décisions publiques et d'accompagner au mieux nos athlètes en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028, puis ceux des Alpes françaises 2030", souligne la ministre. Un premier rapport d'orientation sera remis "au cours du second semestre 2026 et proposera plusieurs scénarios prospectifs de nature à éclairer les choix du mouvement sportif et des pouvoirs publics".

À lire aussi Athlétisme : "C'est un retour en arrière énorme"... Pourquoi les tests génétiques, désormais imposés aux femmes athlètes, sont jugés "discriminants" par des scientifiques En vue des prochains Jeux d'été à Los Angeles en 2028, le Comité international olympique (CIO) a annoncé, en mars, rétablir les tests génétiques de féminité, trente ans après leur abandon. Cette décision bannit du sport féminin les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes.Avant le CIO, World Athletics a été la première fédération internationale à instaurer les tests de féminité comme condition pour les athlètes de participer aux compétitions féminines. Le 21 juillet dernier, la WTA a elle aussi suivi ce mouvement afin d'instaurer à son tour des tests de genre pour l'ensemble des joueuses du circuit.