Les soignants vont-ils bientôt être obligés de se vacciner annuellement contre la grippe pour protéger les plus âgés ? La Haute autorité de santé (HAS) le recommande dans un avis rendu le lundi 20 juillet. Cette obligation concernerait tous les professionnels de santé et tous ceux qui travaillent au contact des personnes âgées. Ils ne sont que 20% en moyenne dans les hôpitaux et les Ehpad, où la campagne se mettra en place en priorité.

Tous les autres établissements recevant des personnes âgées auront trois ans maximum pour le faire. À lire aussi Pourquoi la Haute Autorité de santé recommande de rendre obligatoire la vaccination contre la grippe pour tous les professionnels de santé L'obligation vaccinale se justifie au regard de "l'ampleur du fardeau sanitaire" de la grippe et du "risque augmenté" de sa transmission aux personnes soignées ou hébergées, fait valoir la HAS, chargée de fournir une expertise scientifique aux pouvoirs publics.

La grippe sur la saison 2025/2026 a fait 12 700 morts, contre 17 900 un an plus tôt lors d'une épidémie particulièrement violente. Toute la procédure est à revoir puisqu'on passe d'une recommandation à une obligation.

"Responsabilité" et "exemplarité"Si le personnel refuse de se faire vacciner, il y aura des sanctions après la première année d'application de la mesure, prévient la ministre de la Santé, ce que craint Daniel Guillerm, le président de la Fédération nationale des infirmiers. "Si on veut réduire la mortalité liée à la grippe, il va falloir qu'on prenne des décisions qui sont peut-être parfois fortes, défend-il. L'invitation à faire ne suffira peut-être pas dans certains cas.

Est-ce qu'il faut arriver à cette interdiction de travailler si on n'est pas vacciné ? Moi, je n'irais pas jusque-là. ""Beaucoup d'infirmières sont contre", particulièrement en Outre-mer où "la défiance envers l'Etat est forte", observe la présidente du syndicat Convergence infirmière, Ghislaine Sicre. "Vu nos conditions de travail dégradées, la colère, l'épuisement des professionnels, ajouter une couche d'obligations pourrait les faire déserter", craint-elle.

Le premier syndicat des infirmiers, la FNI, a lui "toujours été favorable", indique son président Daniel Guillerm. Aux États-Unis, où la vaccination contre la grippe a aussi été imposée, il y a eu moins de 0,2% du personnel concerné qui a refusé et qui a démissionné.