Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Nathalie Layani : C'est donc aujourd'hui que prend fin le délai de 60 jours, au terme duquel les États-Unis et l'Iran devaient parvenir à un accord après une phase de négociation. On n'y est clairement pas. La faute à qui ? Parce que les États-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de faire capoter les négociations. Est-ce que l'un est un peu plus responsable que l'autre dans cette affaire ?

Antony Dabila : C'est difficile à affirmer, parce que le seuil de conflictualité n'est en fait jamais vraiment redescendu à zéro. Et il y a toujours eu des accrochages, d'autant que cet accord était extrêmement ambitieux et visait à un arrêt du conflit sur tous les fronts en Iran, dans le détroit, au Liban et également, on pouvait le comprendre, avec les Houthis. Donc, aucun de ces fronts ne s'est réellement arrêté, et aucune des clauses de l'accord n'a été respectée.

Marine Haÿ : On a deux adversaires qui ne lâchent pas. Quel est celui qui est le plus enclin à négocier aujourd'hui ?Ce sera celui qui subit les dommages les plus importants, les dommages qu'il sent être les plus catastrophiques pour son économie, sa stabilité politique. Et selon vous, c'est lequel ?Les Iraniens ne sont pas dans une position facile, mais ils tiennent bon grâce à la très forte coercition qu'ils imposent à leur peuple. Ils sont en mesure de tenir. Donald Trump a des enjeux économiques, de popularité, des élections qui arrivent dans deux mois et demi… C'est très difficile de dire qui va sortir du sauna en premier.

Nathalie Layani : Mais on a clairement l'impression, en tout cas, que les États-Unis ont sous-estimé la capacité de résistance et de nuisance de l'Iran.Oui, l'Iran, en maîtrisant un des flux mondiaux économiques les plus importants, a réussi à acquérir une position de non-punissabilité qui lui donne une sorte d'immunité qui pourrait se rapprocher d'une garantie nucléaire. C'est ce qu'ils ont indiqué à un moment. Et, aujourd'hui, grâce aux bombardements sur les installations pétrolières et gazières des États arabes du Golfe qui leur font face, grâce à la rupture des liens de toutes les matières premières qui sortent de ce détroit et de tout ce qui entre aussi, - parce que des pays comme le Qatar sont extrêmement dépendants de la nourriture qui vient de l'extérieur -, eh bien, il y a une impossibilité de vraiment imposer un accord défavorable à l'Iran en l'état.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.