Voici déjà un mois que Gadi Eisenkot a lancé sa campagne électorale. Sa candidature est le fruit d'une ambition ancienne : faire tomber Benjamin Netanyahu , au pouvoir depuis plus de dix-huit ans en Israël . À 66 ans, malgré son manque d’expérience en politique, Gadi Eisenkot semble s'imposer comme le principal rival du Premier ministre israélien pour les législatives du 27 octobre en Israël .

Critique acerbe de la conduite de la guerre et de la politique du gouvernement, cet ancien général a créé en septembre 2025 son parti Yashar ("intègres" en hébreu), en vue de ces législatives. Désormais donné au coude à coude avec le Likoud dans les sondages , il dispose des chances de l'emporter.

Le principal atout de Gadi Eisenkot est le fort capital sympathie dont il jouit. Les électeurs israéliens se reconnaissent en lui, notamment depuis la mort au combat de son fils Gal lors de la guerre à Gaza , en décembre 2023, peu après les attaques du 7-Octobre . Deux de ses neveux ont également perdu la vie dans la guerre contre le Hamas .

Tout l'oppose à son rival. "Il incarne, par ses manières et son caractère, l'anti-Bibi", décrit un journaliste du New Yorker qui l'a longuement interviewé et eu le temps d'observer le personnage.

Décrit comme "rassurant" par certains. D'aucuns soulignent un air bonhomme et un débit de parole lent qui le distingue des autres personnalités de la politique israélienne, comme l'actuel Premier ministre.

"Les Israéliens veulent un gouvernement discret et simplement un gouvernement qui fonctionne", estime Tal Elovits, chercheur au centre de réflexion israélien Molad et ancien président du groupe parlementaire du Parti travailliste à la Knesset. "Quand les gens voient qu'Eisenkot est relativement novice en politique, ce qu'ils voient aussi, c'est qu'il n'a donc pas beaucoup de promesses non tenues à son actif. Et en tant que père d'un soldat mort à la guerre et ancien chef de l'armée israélienne, il coche de nombreuses cases. Il incarne une vision claire de ce qu'il faut pour réussir en tant qu'homme politique en Israël."

Et puis, contrairement à Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkot est issu d'une famille d'immigrés juifs marocains aux moyens modestes et a grandi à Eilat, dans le sud du pays. Benjamin Netanyahu, lui, est issu de l'élite ashkénaze et a passé une partie de son enfance aux États-Unis. Si Gadi Eisenkot venait à l'emporter, il serait le premier Premier ministre issu d'un tel milieu.

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Ses détracteurs lui reprochent toutefois de manquer d'expérience politique. L'ancien général a été chef de l'armée de 2015 à 2019, mais a aussi été attaché militaire des premiers ministres Ehud Barak et Ariel Sharon.

Au terme de sa carrière militaire, il s'est lancé en politique et a siégé à la Knesset entre 2022 et 2025, d'abord aux côtés de Benny Gantz, ancien chef d'état-major et son prédécesseur à la tête de l'armée. Il a aussi fait un bref passage comme ministre sans portefeuille dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu pour intégrer le cabinet de guerre, dont il démissionnera en juin 2024, reprochant au ténor de la politique israélienne l'absence de stratégie politique pour l'après-guerre à Gaza et la priorité insuffisante accordée aux otages.