Les fameux châteaux "cathares" ne le seront bientôt plus. En tout cas pour l'Unesco. Son Comité du patrimoine mondial se penchera du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en Corée du Sud, sur le classement de huit citadelles médiévales de l'Aude et de l'Ariège.

Perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les forteresses de Montségur en Ariège, Peyrepertuse ou Quéribus dans l'Aude, étaient souvent appelées "châteaux cathares" en référence à l'hérésie combattue par l'Eglise catholique entre Toulouse, Albi, Béziers et Narbonne au XIIIe siècle. Des citadelles construites par Saint LouisSi plusieurs de ces sites ont servi de refuge à des personnes accusées d'hérésie, ce ne sont pas ces dernières qui ont bâti les châteaux.

Mais bien le roi Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis. "Entre les années 1240 et les années 1290, 22 châteaux sont rebâtis à la mode royale, avec l'architecture capétienne", explique David Maso, de l’Association mission Patrimoine mondial (AMPM), la structure pilotée par le département de l’Aude qui a rédigé la candidature à l’Unesco et choisi le terme de "Forteresses royales du Languedoc".

" Le site de Peyrepertuse, dans l'Aude, a bien servi de refuge aux cathares, mais avant la construction de la citadelle. (PAUL PALAU / ONLY FRANCE / AFP) Avec ces forteresses, le roi de France avait un double objectif : garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d'Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

Des 22 forteresses, sept ont été jugées en suffisamment bon état pour faire l'objet d'une candidature à l'Unesco. Pétition et mobilisationLa qualification de "cathare" s'est imposée dans les années 1960 et 1970, dans le sillage des mouvements occitanistes, qui ont fait de l'hérésie albigeoise un symbole de rébellion contre le pouvoir central.

Coup de pouce économiqueLe catharisme a aussi été longtemps un moteur touristique, mais il fonctionne moins bien aujourd'hui, alors qu'à l'exception de Carcassonne, les sept forteresses se situent dans des zones rurales. Au pied de Quéribus, dans l'Aude, le petit village de Cucugnan attend beaucoup du classement à l'Unesco, dont les habitants espèrent un coup de pouce économique. "La fréquentation du site est en baisse", explique André Doumenc, maire de la commune.

"Outre la reconnaissance de la valeur de ces forteresses, un classement au patrimoine mondial pourrait aussi, selon David Maso, permettre de "pérenniser des programmes à long terme pour la conservation de ces monuments". Les édifices, particulièrement exposés aux aléas climatiques comme le vent et le gel, ont besoin d'être entretenus en permanence.