Il est la belle histoire de ce Wimbledon. Arthur Fery, joueur franco-britannique de 23 ans, représentant l'Angleterre, s'est qualifié pour la première fois de sa carrière en demi-finale de Wimbledon, mercredi 8 juillet, en éliminant l'Italien Fabien Cobolli. Sous les yeux de la reine Camilla, il a battu le récent finaliste de Roland-Garros en trois sets (6-4, 7-6 (7/4), 6-0). Au tour précédent déjà, il avait créé l'exploit. Alors qu'il est classé 114e mondial, il avait battu le Bulgare, ex-numéro 3 mondial, Grigor Dimitrov (7-5, 3-6, 4-6, 6-4, 7-6 [7]).Invité par les organisateurs, le Français, né à Sèvres (Hauts-de-Seine) mais qui a toujours vécu à Londres, fait honneur à son invitation en devenant le 4e joueur depuis l'ère Open bénéficiant d'une wild-card à se qualifier pour une demi-finale de Grand Chelem. Précédemment il était déjà devenu le 6e joueur britannique à se qualifier pour les quarts de finale du Grand chelem londonien depuis le début de l'ère Open.📊 Pour la 4e fois depuis le début de l'ère Open, un joueur bénéficiant d'une wild-card s'est qualifié pour les 1/2 finales d'un tournoi du Grand Chelem (🚹) :🇺🇸 Jimmy Connors (US Open 1991)🇫🇷 Henri Leconte (Roland-Garros 1992)🇭🇷 Goran Ivanisevic (Wimbledon 2001)🇬🇧 Arthur… pic.twitter.com/Ar68mhAxM0— Jeu, Set et Maths (@JeuSetMaths) July 8, 2026 "Ce que j'ai vécu aujourd'hui, je vais chérir ce moment toute ma vie, avait réagi le joueur en conférence de presse après sa victoire en huitièmes de finale, lundi. Peut-être que je ne revivrai jamais une telle expérience. C'était la première fois que je jouais sur un court comme celui-ci [le Center court]. Qui sait, ce sera peut-être la première et la dernière fois. J'espère que non. Alors j'essaie simplement de savourer chaque instant et de conserver tous ces souvenirs". Visiblement, il prend goût au Center Court et à cette nouvelle expérience.Classé à la 114e place mondiale, son meilleur classement en carrière, Arthur Fery est aussi devenu le joueur le moins bien classé à atteindre les quarts de finale de Wimbledon depuis Nick Kyrgios en 2014 (144 à l'ATP), selon le compte Jeu, set et maths. Déjà assuré d'intégrer le top 100 la semaine prochaine, le bénéficiaire d'une invitation aura assurément franchi un cap sur le gazon londonien cette semaine, lui qui, avant cette édition 2026 de Wimbledon, ne comptait que six victoires sur le circuit principal. A minima, il sera 36e mondial, et donc n°1 britannique à l'issue de la quinzaine.Invité au tableau final de Wimbledon lors des quatre dernières éditions, Arthur Fery n'a remporté sa première victoire "à la maison" qu'en 2025 face à l'Australien Alexei Popyrin, alors 22e à l'ATP, synonyme de première victoire sur le circuit. Quelques mois plus tard, il participe à son premier Open d'Australie, lors duquel il sort des qualifications avant de s'incliner au deuxième tour.Kate Middleton dans les tribunes pour l'encouragerLe résultat d'une progression constante. Sur la seule édition de Wimbledon 2026, il a ainsi ajouté cinq victoires de plus sur le circuit principal à son CV et attire la curiosité des grands noms du tournoi, comme la légende suisse, vainqueur de 20 titres du Grand Chelem dont huit à Londres, Roger Federer, présent dans la Royal box pour son huitième de finale, ou encore celle de la princesse de Galles Kate Middleton, patronne de l'AELTC (All England Lawn Tennis and Croquet Club), venue l'encourager lors de son deuxième tour sur un court annexe, et donc de la reine Camilla pour son quart de finale.
FERY DESTINATION: QUARTER-FINALS 🚢The British wild card overcomes Grigor Dimitrov in a five-set thriller to continue his dream run into a maiden Grand Slam QF 👏#Wimbledon pic.twitter.com/g7UCv7aHrt— Wimbledon (@Wimbledon) July 6, 2026 Arthur Fery est né à Sèvres (Hauts-de-Seine), en région parisienne, de parents français mais a passé toute son enfance à Londres, à quelques minutes de Wimbledon. Celui qui se sent "vraiment Anglais", est le fils de Loïc Féry, président du FC Lorient, et d'Olivia Gravereaux, 225e joueuse mondiale en 1991. Après avoir atteint le top 20 junior, le jeune joueur choisit de partir faire ses armes aux Etats-Unis, à Stanford en 2020, pour y suivre un parcours universitaire."C'est très différent de se lancer directement [sur le circuit], raconte à L'Equipe Arthur Fery, qui oscille, depuis deux ans, entre le circuit secondaire et principal. Je pense que je n'étais pas tout à fait prêt pour le circuit pro à 18 ans. Pas prêt, par exemple, à voyager 35 ou 40 semaines par an, comme d'autres, immédiatement disposés à se donner à fond, qu'ils voyagent avec un coach ou pas. C'est leur identité. Ils sont des joueurs de tennis dès l'âge de 18 ans. Moi, j'étais encore à l'école normale jusqu'à 16 ans."Passé proche de la sortie sur ces deux derniers tours, face au Belge Zizou Bergs d'abord puis face à Girgor Dimitrov, avec deux matchs en cinq sets dont deux super tie-breaks pour conclure, Arthur Fery brille par sa "ténacité, son courage sur le court, le fait qu'il n'abandonne jamais... C'est surréaliste. Bien sûr, il travaille dur pour en arriver là mais que ça se passe comme ça, avec deux matches de suite au cinquième set, je n'ai pas les mots", se réjouissait son coach néerlandais Jeroen Benard auprès de nos confrères de L'Equipe. "Je n'arrête jamais de me battre, glissait-il encore à L'Equipe. Je garde la bonne attitude et ça paye."


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