"On atteint un paroxysme et une situation très exceptionnelle en 2026, à la fois dans son intensité et dans sa durée", affirme, mardi 4 août, sur franceinfo Lionel Vuittenez, directeur territorial de Voies navigables de France (VNF) Centre-Bourgogne, alors que le canal Bourgogne et le canal latéral à la Loire sont fermés à la navigation en raison des conditions climatiques. À lire aussi Des nappes phréatiques aux cours d'eau, la France confrontée à une sécheresse comparable à 1976 Concrètement, "une partie des canaux sont fermés sur toute leur longueur depuis quelques semaines, et on a des canaux qui, progressivement, section par section, ferment, notamment le canal de Bourgogne. On ferme progressivement des sections depuis fin mai et il nous reste environ un quart du canal encore ouvert depuis le 23 juillet. Potentiellement, on va devoir le fermer dans les semaines qui viennent", alerte Lionel Vuittenez. Il regrette que cela arrive sur "les périodes les plus fréquentées, en juin et juillet", et évoque "un impact fort sur les usages de ces voies d'eau touristiques". Les canaux concernés ne sont en effet pas dédiés au transport de marchandises, mais uniquement à la navigation de plaisance."La pluie, ou l'orage ponctuel, ne suffit pas à redresser la situation"Malheureusement, selon Lionel Vuittenez, "la pluie, ou l'orage ponctuel, ne suffit pas à redresser la situation. On ne peut pas se prononcer sur une réouverture de ces canaux." Il affirme que les cours d'eau qui alimentent ces canaux sont "durablement impactés et de façon très précoce", avec "des niveaux d'eau qu'on rencontre, dans les années sèches précédentes, fin août". Or, cette année, "on est dans une situation de sécheresse intense depuis fin juin."Outre l'arrêt progressif de la navigation sur les voies d'eau, le directeur de VNF évoque une conséquence de plus long terme : "l'impact sur les infrastructures". "Les digues des canaux sont en terre et en argile : le fait d'avoir des niveaux d'eau qui baissent dans les voies d'eau et des sécheresses, des températures intenses, va avoir des effets sur le corps même de la digue." Ces effets sont "un retrait et un gonflement des argiles qui vont sécher et regonfler quand la pluie va retomber", explique Lionel Vuittenez."Des avaries sur nos voies d'eau vont probablement se multiplier"Il y aura, selon lui, un "impact sur le long terme de dégradation accélérée de ces infrastructures".
Et il prévient : "Ça veut dire que des avaries sur nos voies d'eau vont probablement se multiplier. Il faut s'attendre à des fuites plus importantes". Le directeur territorial de Voies navigables de France cite des mesures mises en place pour réduire la consommation d'eau, comme par exemple, regrouper "les bateaux pour qu'ils passent à plusieurs dans une écluse, ça consomme moins d'eau. On baisse aussi les niveaux d'eau dans les canaux. La dernière mesure, c'est la fermeture totale de la navigation, quand on ne peut pas prélever suffisamment d'eau pour naviguer".Enfin, Lionel Vuittenez explique que les investissements sont "priorisés sur les ressources en eau", avec notamment "des barrages-réservoirs, des travaux sur les fuites des canaux ou sur l'optimisation de la gestion de la ressource en eau".

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