La Russie est-elle en train de prendre l'ascendant dans le bras de fer qu'elle mène dans les airs avec l'Ukraine ? Dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 août, Kiev, la capitale de l'Ukraine, a été frappée par la Russie. Au moins 17 personnes sont mortes et 44 ont été blessées, a annoncé mercredi sur X le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Au total, 28 missiles à haute vitesse et 115 drones ont été tirés par l'armée russe.
L'armée de l'air ukrainienne a précisé sur Telegram avoir abattu 98 drones. As of now, 44 people have been reported injured in the massive Russian strike on Kyiv and the Kyiv region. Another 17 people, tragically, were killed. My condolences to their families and loved ones. It was a heavy strike – 24 ballistic missiles, 4 Zircon/Oniks missiles, and…
com/4LoHXXkt8R— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) August 5, 2026 "Des intercepteurs de missiles balistiques auraient pu sauver la vie de ceux qui sont morts aujourd'hui, a déploré Volodymyr Zelensky. Une intensification des frappes de missiles balistiques russesL'Ukraine fait en effet face à un manque cruel de missiles Patriot, les seuls engins capables d'intercepter les missiles russes les plus performants.
En parallèle, la Russie intensifie ses frappes de missiles balistiques. "Désormais, les Iskander changent de direction au dernier moment et émettent des leurres. Cela complique leur interception", précise l'auteur de La guerre hybride en Ukraine, quelles perspectives ?. Pour le chercheur, les Russes ont "bien compris que ces missiles balistiques sont sans doute l'un des éléments sur lequel ils ont encore un avantage par rapport aux Ukrainiens".
Une pénurie de missiles intercepteurs PatriotL'Ukraine dépend de son côté de ses alliés occidentaux pour être fournie en missiles Patriot, de fabrication américaine. La livraison de ces engins "a été divisée par trois par rapport à 2025", a dénoncé le président ukrainien sur X mercredi. Face à cette pénurie critique, Volodymyr Zelensky s'est rendu à la Maison Blanche fin juillet afin de plaider en faveur de la livraison de missiles Patriot.
Le président américain a toutefois depuis exprimé des réserves à propos de ce projet. Il a notamment déclaré quatre jours après la visite du président ukrainien que Washington devait faire preuve de "beaucoup de prudence" avant de prendre une décision.
Des missiles intercepteurs longs à produireBien que le partage de la licence pour la production d'intercepteurs Patriot en Ukraine constituerait un "signal politique extrêmement fort", cela ne ferait cependant "pas de différence à court terme", nuance Ulrich Bounat. En effet, la construction des missiles Patriot prend du temps. En revanche, les Etats-Unis "pourraient envoyer une partie de leur production de Patriot pour aider l'Ukraine.
Mais ce ne sera vraisemblablement pas le cas", estime Ulrich Bounat. Ce projet se veut une alternative moins coûteuse au Patriot américain ou au missile Aster franco-italien. Un premier prototype devrait être opérationnel d'ici mi-2027.
A court terme, l'Ukraine tente de limiter la capacité de frappe russeLa solution de court terme pour les Ukrainiens reste donc la limitation de "la capacité de frappe de la Russie", estime Christine Dugoin-Clément, chercheuse à la chaire Risques de l'IAE Paris Sorbonne. L'Ukraine a récemment ciblé à plusieurs reprises des entrepôts et sites logistiques en Russie, notamment ceux appartenant au géant du e-commerce Wildberries.
Dans la région de Toula, au sud de Moscou, un centre de tri de cet "Amazon russe" a pris feu mercredi après une attaque de drones ukrainiens, selon le gouverneur de la région.
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