Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Pour une mère de famille, le cauchemar a duré six mois. Six mois sans voir ses enfants placés dans un foyer par la justice. À l'origine, elle dépose une plainte contre son ex-compagne, la deuxième maman des enfants, car elle a constaté des blessures sur l'un de ses jumeaux en garde alternée.
Quelques jours plus tard, un juge lui retire les deux enfants, elle témoigne : "Il n'y avait pas de viande chez moi, tout allait bien, et ils ont quand même décidé de retirer les enfants, de même pas les mettre chez un tiers digne de confiance, mais vraiment de les retirer et de les mettre au foyer alors qu'ils n'avaient que 4 ans et demi, 5 ans. Et pour moi, c'est un placement abusif, clairement.
"Un placement qui laisse des séquellesSix mois plus tard, le juge met fin au placement. Les enfants reviennent alternativement chez leurs deux mamans, mais les séquelles ne s'effacent pas. "Ils ont été arrachés à leur école, à leur famille, à leurs amis. Ils ont été mis dans un endroit qu'ils connaissaient pas, avec des gens qu'ils ne connaissaient pas. Donc ça a été un réel traumatisme", ajoute la mère de famille.
Contactés, ni le ministère de la Santé, ni l'aide sociale à l'enfance ne souhaitent faire de commentaires. Le cas de cette famille serait loin d'être isolé. D'après certaines associations de protection de l'enfance, la moitié des placements pourraient être évités. Des décisions parfois prises à la hâteMe Franz Achache, avocat spécialisé en droit des familles, explique : "Ce principe de précaution nous amène à ce que je qualifie de placement parapluie.
C'est-à-dire que dans le doute, on place et on pose des questions après, on voit comment ça se passe après. " Les juges prononceraient parfois leur décision à la va-vite, faute de moyens, d'après Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d'enquête sur la protection de l'enfance : "Vous avez des juridictions qui ont 700 dossiers. "En France, 396 000 mineurs sont placés. Certains avec bonheur. Il y a trois ans, nous avions rencontré Stéphanie, ancienne enfant placée.
Ce jour-là, elle retourne avec son fils dans le foyer où elle a grandi et confie : "Ça me fait quelque chose de se dire que ma vie a commencé, en fait. Sans le foyer, j'en serais pas là. "Aujourd'hui, la jeune femme est assistante familiale. À son tour, elle accompagne des enfants qui ont besoin d'être protégés.
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