Il n'y aura pas de retour des évacués "tant que le feu ne sera pas fixé". C'est le message très ferme qu'a fait passer la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, alors que le gigantesque feu, qui a ravagé 42 000 hectares, a également forcé plus de 220 000 personnes à fuir leur maison. À lire aussi • Direct Incendie en Gironde : l'Union européenne porte à neuf avions et deux hélicoptères son dispositif pour aider à combattre le feu Une partie est accueillie dans des centres d'urgence, mais la plupart des habitants du bassin sont allés se réfugier chez des proches. Ils sont des dizaines de milliers, comme Sandrine, une évacuée de 55 ans rencontrée par franceinfo. Sa maison à Lanton a brûlé dans l'incendie. Depuis quatre jours, elle est réfugiée chez sa sœur à Bélin-Béliet, à 20 km de l'incendie. Et toute la famille vit au rythme du feu."C'est notre enfance qui part en fumée"Toute la famille déjeune et tente de réconforter Sandrine, qui serre son gros sac de voyage. C'est tout ce qui lui reste. "Tout le reste est parti en fumée", se désole-t-elle. À l'intérieur, elle n'a que "deux culottes et deux robes". Sa maison sur la route de Blagon, qui traverse la forêt, a entièrement brûlé. Sandrine n'y croyait pas, alors elle est allée voir, par les petits chemins, malgré les interdictions. "Voilà l'état de ma maison, de mon petit bonheur", indique-t-elle en faisant défiler les photos sur son téléphone."Tout est cramé. Ma maison, mon petit fourgon, le rêve de mes 18 ans… On en est là."Sandrine, évacuée de la ville de Lantonà franceinfoÀ l'intérieur de la maison, "il reste un mur". "On est nées là, nos grands-parents sont nés là, donc c'est notre enfance qui part en fumée", s'attriste Stéphanie, la sœur de Sandrine. Elle finit de débarrasser la table, les yeux rivés sur les images de flammes à la télé, allumée 24 heures sur 24."Ma tante a été évacuée trois fois""On vit avec le feu", fait remarquer Stéphanie. "On s'endort même avec la télé", ajoute Renaldo, son mari. Lui passe ses journées dans sa voiture, avec 2 000 litres d'eau dans les cuves à eau sur la remorque. "Avec mon beau-fils, on éteignait les départs de feu, explique-t-il. Tout le monde est en action."

Stéphanie renchérit : "C'était important qu'il y aille, parce qu'hier soir par exemple, à trois heures du matin, on était là, on buvait le café et il me disait 'je me sens tellement impuissant, je ne peux pas attendre sur le canapé que ça se passe."En plus de sa sœur, Stéphanie accueille sa fille et son bébé, évacués eux aussi, ainsi que des amis de Mios, sans solution d'hébergement. Selon elle, toutes les familles du bassin traversent la même situation. "On se rend compte au fur et à mesure du temps que les gens s'en vont de plus en plus loin", constate Stéphanie. "Ma tante a été évacuée trois fois, relate Sandrine. Ils ont décidé d'aller dans le Pays basque parce qu'ils n'ont plus d'endroit. À un moment donné, c'est anxiogène." Son beau-fils raconte même que certaines personnes évacuées dorment dans les voitures, sur une aire d'autoroute de l'A63, en attendant de voir quand ils pourront rentrer.