Il faut "lever le pied" sur la chasse pour "commencer à laisser la faune se remettre de cette canicule", réclame ce mardi sur ICI Hérault Christian Perrenot, délégué de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) dans l'Hérault. L'Aspas fait partie des cinq associations qui ont écrit début août à la ministre de la Transition écologique pour demander un moratoire visant à interdire temporairement la chasse. Dans le détail, les cinq associations sont One Voice, Pôle grands prédateurs, Focale pour le sauvage, l'Aves et l'Aspas.

À lire aussi Sécheresse et incendies : l'Association pour la protection des animaux sauvages interpelle 44 préfets pour demander une suspension de la chasse Certaines espèces peuvent être chassées sans attendre l’ouverture générale de la chasse de septembre, grâce à des autorisations préfectorales, délivrées à des détenteurs du droit de chasse, indique la Fédération nationale des chasseurs sur son site internet. "La plupart des jeunes, comme les faons de chevreuil, les renardeaux, sont encore quasiment à la mamelle, ils sont complètement dépendants des femelles et donc ils sont chassés. Ça n'a pas de sens", estime le représentant de l'Aspas. D'autant plus que les conditions de cet été ont rendu les conditions de survie des animaux extrêmement difficiles."Depuis le 1er juin, les chevreuils, les renards, les daims aussi et les sangliers sont chassables."Christian Perrenotsur ICI HéraultDans l'Hérault, "il y a beaucoup de cours d'eau qui sont à sec", constate Christian Perrenot, qui rappelle également que 1 500 hectares avaient brûlé au 31 juillet, selon la préfecture. "Il y a beaucoup d'animaux qui sont en stress hydrique, qui ont de grosses difficultés à s'abreuver, à trouver des points de fraîcheur".Pour "une structure indépendante" de la fédération des chasseursInterrogé sur la position de la Fédération départementale des chasseurs, qui explique que la chasse est déjà interrompue lorsque le département est placé en vigilance rouge pour le risque d'incendie, Christian Perrenot juge que ces restrictions sont insuffisantes. Selon lui, quand les chasseurs disent qu'ils "chassent moins" cela veut quand même dire "qu'ils chassent". Et c'est déjà trop pour le représentant de l'Aspas, qui demande à l'État d'être "honnête et cohérent" et de "stopper la chasse dans toutes les zones où il y a eu trop de canicules, trop d'incendies, trop de sécheresses". À lire aussi "Il faut que l'État décide de ce moratoire" : les pétitions se multiplient pour réclamer une règle nationale sur la chasse après les incendies Par ailleurs, au-delà de la suspension de la chasse l'été, et avant la réouverture traditionnelle de la chasse à la "mi-septembre", l'association demande "qu'il y ait une structure indépendante", c'est-à-dire "qui ne dépende pas de la Fédération nationale des chasseurs" qui réalise "une évaluation à la mi-septembre pour voir si les conditions de réouverture de la chasse globale sont réunies", précise Christian Perrenot. La pétition citoyenne "Pas de fusils sur les cendres" a récolté plus de 440 000 signatures sur le site Change.org.