Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Six ans après, les familles des victimes empruntent toujours le même chemin jusqu'au port de Beyrouth (Liban) et se posent les mêmes questions. Parmi elles, Hiam al-Békaï a perdu son fils ce jour-là. "Nous avons le droit de connaître la vérité, toute la vérité. Les coupables ne doivent pas être protégés. Les noms doivent sortir", affirme-t-elle.Personne à Beyrouth n'a oublié ce 4 août 2020, quand une immense explosion retentit dans le port de la capitale libanaise. Elle a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées 2 000 tonnes de nitrate d'ammonium servant d'engrais.
Le bilan est très lourd : 220 morts et plus de 6 500 blessés."Personne ne nous a dit la vérité"Depuis, chaque année, des milliers de personnes défilent tous les 4 août. Des Libanais qui réclament justice alors que l'enquête piétine. "Personne ne nous a dit la vérité jusqu'à présent. La vérité est bien connue, mais les querelles politiques au Liban ont empêché qu'elle soit révélée. Mais on n'oubliera pas et on ne pardonnera pas", déclare un homme.Avec les nouvelles autorités libanaises, les choses semblent avancer plus vite. Une enquête a été conclue au mois de mars. Plusieurs dizaines de responsables liés de près à la gestion du port pourraient être jugés. "Une réunion gouvernementale présidée par le Premier ministre a confirmé que l'acte d'accusation serait émis au plus tard dans les prochains mois. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun obstacle", indique Paul Morcos, ministre libanais de l'Information.L'explosion du port de Beyrouth est le symbole du dysfonctionnement d'un État libanais en faillite, dans un pays profondément fracturé et gangrené par le Hezbollah après 50 ans de guerre.
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