Les kilomètres en voiture paraissent anormalement longs lorsqu'ils s'accompagnent de fortes nausées et des étourdissements. Selon une étude de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis, 14% des adultes de moins de 30 ans et 25% des jeunes adultes sont concernés par les symptômes du mal des transports, contre 35 à 43% des enfants avant la puberté et 7% des adultes de 61 ans ou plus.En bateau, en train, en métro, "aucun examen ne permet de déterminer pourquoi certains sont très handicapés par le mal des transports et d'autres s'adaptent parfaitement", explique Stéphane Besnard, médecin au CHU de Caen et spécialiste de neurophysiologie. Mais pour les malchanceux, il existe un large panel de solutions afin de limiter les dégâts.À commencer par une fonctionnalité de l'IPhone. Traduit de l'anglais, il s'agit des "points dansants", des petits points noirs aux extrémités de l'écran qui signalent un changement dans le mouvement du véhicule en bougeant dans la direction inverse. La voiture bifurque à droite, les points iront à gauche et inversement. Ou alors, ils tomberont vers le bas lors d'une accélération. Une technologie permise par des capteurs intégrés à l'appareil, apparue en 2024 avec la version IOS 18 de l'iPhone. Autrement dit, les derniers modèles à pouvoir proposer les "indicateurs de mouvement du véhicule" seront l'IPhone XS et l'IPhone XR, commercialisés en 2018.Le conflit sensoriel, cause du mal-êtreLa technique se base sur la théorie du conflit sensoriel, la plus courante lorsqu'il s'agit d'expliquer les causes du mal des transports. Notre oreille interne détecte un mouvement, contrairement à nos autres sens comme la vue grâce à laquelle nous voyons des objets statiques. Notre cerveau reçoit donc les mauvaises informations, ce qui l'empêche de s'adapter et cause l'étourdissement. La solution serait donc de créer un retour visuel pour que le cerveau comprenne comment le corps bouge dans l'espace.Samsung promeut aussi une application gratuite pour lutter contre le mal des transports, basé sur une étude de l'université de Nagoya, au Japon : "Hearapy". Elle consiste à stimuler l'oreille interne de l'utilisateur avec une fréquence de 100 Hz à un volume compris entre 80 à 85 dB pendant 60 secondes. Le son influence le sens de l'équilibre et atténue les effets pour une durée de deux heures. À la marque d'en profiter pour promouvoir sa dernière gamme d'écouteurs. "La stimulation auditive à basse fréquence est une piste intéressante, encourage le docteur Besnard. Mais elle n'est pas assez puissante pour agir sur certaines personne." Dans le cadre du programme Navelys, une étude scientifique que le médecin mène avec l'université de Caen, les chercheurs travaillent plutôt avec des fréquences micro-électriques pour stimuler l'oreille interne. "J'espère à termes pouvoir rendre disponible à l'achat des dispositifs autonomes" contre le mal-être, confie-t-il.
À lire aussi Mal des transports : une solution sonore pour soulager les nausées durant les trajets Similaires aux points dansants, des lunettes "révolutionnaires" permettent d'obtenir le même résultat, en particulier pour les enfants plus concernés par les symptômes et moins par les écrans, indique France 3. Avec un liquide bleu dans les verres, l'objet permet de créer une ligne d'horizon artificielle et de donner en temps réel l'information du mouvement à l'œil. "Aucune étude scientifique ne prouve que c'est efficace pour tout le monde", nuance pourtant Stéphane Besnard.La théorie ne fait donc pas consensus, et les méthodes ne fonctionnent pas toutes de la même manière pour chaque personne. Interrogé par la BBC, Tom Stoffregen, professeur émérite à l'Université du Minnesota, aux États-Unis, suggère que le problème du mal des transports vient de l'anticipation de notre système corporelle aux mouvements, pour ajuster notre posture. L'écart entre le mouvement attendu et le réel mouvement du véhicule nous désoriente. Contrairement au conducteur qui, lui, anticipe les trajectoires. Plutôt que de fixer son téléphone, raison pour laquelle l'utilisateur est malade, il faudrait donc simplement poser son téléphone et regarder la route."Des kinésithérapeutes proposent des séances de désensibilisation et de rééquilibrage de l'oreille interne à l'aide de technologies de réalité virtuelle", suggère le docteur Besnard. Pour lui, le seul moyen de lutter contre le mal des transports est d'habituer son cerveau au mouvement, possible sur plusieurs séances. On en conclue qu'il n'existe pas de solution miracle.
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