L'armée iranienne a annoncé dimanche 16 août une énorme prime, équivalant à 26 000 euros, pour tous ceux qui réussiraient à tuer ou à capturer un soldat américain. Une prime doublée si c'est une femme qui réalise cet exploit. Il s'agit de montrer que la guerre contre les États-Unis mobilise l'ensemble de la société iranienne, femmes comprises. À lire aussi Plaisanterie ou menace réelle ? Donald Trump affirme qu'il pourrait déclarer le détroit d'Ormuz "comme étant un territoire des Etats-Unis" À en croire le chef d'état-major de l'armée, ce dispositif a en effet été mis en place parce qu'un "grand nombre de citoyens" souhaitait participer à la guerre contre "l'envahisseur". Téhéran entretient son récit de résistance nationale. Mais le message est autant destiné aux Iraniens qu'à Washington : l'Iran résiste et chaque militaire américain est une cible potentielle.Une opération de propagandeSauf qu'il n'y a pas de militaires américains sur le sol iranien. Depuis le début de la guerre, le 28 février, il n'y en a jamais eu sauf une fois, en avril, quand une mission a été déployée pour porter secours à un pilote dont l'appareil s'était écrasé. Mais l'option d'un débarquement terrestre, un temps évoquée à la Maison Blanche, ne semble plus du tout à l'agenda.Des militaires américains, par contre, sont présents dans la région : 50 000 environ, en mer sur les bâtiments de guerre, mais aussi au Qatar, au Koweït, à Barhein, aux Émirats et en Jordanie. Leurs bases sont déjà attaquées par les missiles et les drones iraniens, qui ont 18 morts au total en six mois. Sauf qu'on est loin du scénario aujourd'hui évoqué par le régime : personne ne va aller chercher un GI dans le pays pour le ramener aux autorités. Cette prime est avant tout une opération de propagande.Des négociations toujours bloquéesC'est aussi une réponse politique au président américain. Vendredi, dans une énième provocation, Donald Trump assurait qu'"après avoir achevé la défaite de l'Iran", il déclarerait le détroit d'Ormuz "territoire des États-Unis". Téhéran renverse ce récit pour dire en quelque sorte : "non, vous n'avez pas gagné, vous êtes toujours un ennemi occupant, et nous, nous avons toujours une capacité de nuisance". Menace asymétrique évidemment. L'Iran ne peut pas rivaliser de manière frontale avec les États-Unis. Mais il peut leur faire payer très cher leur engagement militaire.Selon le calendrier, on arrive ce lundi 17 août au terme des 60 jours prévus par l'accord du 17 juin. C'était le délai maximal que les États-Unis et l'Iran s'étaient fixé pour mettre fin au conflit, avec possibilité de prolongation par consentement mutuel.

Sauf que les hostilités n'ont pas cessé : jeudi et vendredi Téhéran a envoyé des drones sur trois pétroliers émiratis dans le détroit d'Ormuz; le blocus des ports iraniens par la marine américaine est toujours en place et il n'y a aucune feuille de route pour la suite. Ni la pression militaire, ni la négociation, ni les menaces de sanctions économiques supplémentaires annoncées par Washington n'ont permis d'avancer. La situation est toujours dans l'impasse.