Un indicateur pour mesurer la gravité des incendies. C'est le projet sur lequel travaille, depuis septembre 2025, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), en partenariat avec l'Institut de recherche pour le développement (IRD) dans le cadre du plan d'investissement France 2030. À l'horizon 2029, les chercheurs espèrent mettre au point le premier indicateur national de vulnérabilité écologique des forêts.
À lire aussi Hyperthermie, intoxication, brûlures… Ces dangers qui menacent les pompiers lors des incendies L'objectif c'est d'aller au-delà du nombre d'hectares brûlés qui est pour l'instant le principal, voire le seul, indicateur à partir duquel le grand public estime la gravité d'un incendie.
Des pompiers, des spécialistes, des autorités ont communiqué ces derniers jours sur les 42 000 hectares de végétation qui ont brûlé en Gironde et les 1 900 hectares parcourus dans le Var. "On sait quelles espèces vont revenir et à quelle vitesse"En réalité, c'est bien plus complexe que cela. Les dégâts dépendent aussi de l'intensité du feu ou encore du type d'habitat qu'il a parcouru.
"Tous les feux ne se valent pas, déclare Florent Mouillot, directeur de recherche à l'IRD, et qui pilote le projet. En fonction de la structure des paysages, on a une carte de la biodiversité préexistante à l'incendie. On sait quelles espèces vont revenir et à quelle vitesse. "Florent Mouillot, directeur de recherche à l'IRDà franceinfoTout cela est très variable : certaines forêts ou certaines espèces animales sont plus résistantes que d'autres aux incendies.
Les reptiles, les mammifères s'enfouissent pour se protéger de la chaleur. Les oiseaux, eux, prennent la fuite et ne se réinstallent qu'une fois que la végétation a repoussé. En ce qui concerne la végétation et notamment les arbres, l'épaisseur de l'écorce joue un rôle. Par exemple, le hêtre est très vulnérable alors que le chêne-liège possède une couche qui le protège de la chaleur.
En France, étant donné la répartition de la faune et de la flore, il est d'ores et déjà possible d'affirmer que certains incendies sont moins néfastes pour l'écologie que d'autres. "En Méditerranée, les deux tiers des surfaces brûlées sont du maquis, des petites végétations de 1,5 mètre de haut. Dans les Landes, la forêt est hyper homogène, pas très diverse.
Une graduation de 1 à 10À partir de ces données, l'objectif est d'établir une échelle de graduation accessible au grand public, "sur le même principe que l'échelle de Richter" qui est la référence pour les tremblements de terre, indique le directeur de recherche.
Une graduation de 1 à 10 est envisagée et des valeurs négatives pourraient même être établies : "Dans la mesure où un petit incendie dans une grande surface homogène de forêt peut générer l'arrivée de nouvelles espèces et donc augmenter la biodiversité. "L'indicateur devrait permettre aux autorités d'établir des priorités d'investissement en fonction de la vulnérabilité, de mieux structurer les massifs aussi, avec des pare-feu ou en implantant des cultures moins combustibles.
Enfin, il s'agit d'atténuer le traumatisme de la population. Lorsque 1 000 hectares sont parcourus en grade 2, on comprend que la situation est moins grave d'un point de vue écologique que si la même surface est brûlée avec un indice de vulnérabilité de 9. Évidemment on ne parle là que des incidences écologiques et pas des conséquences humaines ni infrastructurelles. L'échelle est toujours en cours de conception, elle doit aboutir en 2029.
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F03%2F6a70db060b5d6403644099.jpg&w=1600&q=75)
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84c0d2ccbb7526395284.jpg&w=1600&q=75)
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84b6524c68e447329136.jpg&w=1600&q=75)
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84b4dcecd74045730295.jpg&w=1600&q=75)
%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a84a0fbb3b11302152072.jpg&w=1600&q=75)

%3Afill(blur)%3Aformat(jpg)%3Aquality(50)%2F2026%2F08%2F18%2F6a845ce0bb91e020943409.png&w=1600&q=75)