Au moins trois personnes ont été tuées et 21 autres blessées, samedi 1er août, après une explosion à l'entrée d'un restaurant situé place Koudrinskaïa, à Moscou. La chaîne Telegram Baza, connue pour ses liens avec les forces de l'ordre russes, avait d'abord évoqué une déflagration de gaz dans les cuisines. Mais la thèse a radicalement changé dans le courant de la soirée. Une femme non identifiée a tenté de rentrer au sein de l'établissement avec des explosifs, ont annoncé les autorités. Des chaînes Telegram russes ont diffusé des vidéos montrant de nombreux camions de pompiers et des ambulances sur les lieux. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de la situation.Une attaque avec "un engin artisanal improvisé"Selon l'agence de presse russe Tass, à 20h10, à l'ouest de Moscou (19h10 heure de Paris), une explosion a retenti devant un restaurant haut de gamme de la capitale russe, au pied de la tour de la place Koudrinskaïa, appartenant aux "Sept Sœurs", un ensemble de gratte-ciel d'architecture stalinienne construits dans les années 1950. Une femme, inconnue des autorités, a tenté de s'introduire dans l'établissement avec un "engin artisanal improvisé" caché dans un colis, d'après le Comité antiterroriste russe, cité par les agences de presse du pays.

L'explosion a fait trois morts : un client, cette femme et un agent de sécurité qui lui avait refusé l'entrée dans l'établissement. Plusieurs médias russes avancent l'hypothèse que la bombe aurait pu être déclenchée à distance et que cette femme n'aurait pas eu connaissance du contenu du colis. "Des enquêteurs et des techniciens de la police scientifique (...) sont à pied d'œuvre sur place. Une expertise de la scène de l'incident est en cours", avait de son côté indiqué la police de la capitale.Une attaque visant un haut gradé de l'armée russeLe restaurant était fermé au public pour un événement privé, selon l'agence d'Etat russe Ria Novosti. D'après les sources du site d'information russe Kommersant, cette réception accueillait des personnalités militaires et politiques. De hauts responsables du FSB (ex-KGB), des généraux du ministère de la Défense, des parlementaires ou des fonctionnaires assistaient à cette soirée privée placée "sous haute surveillance", selon des médias russes cités par Euronews. Parmi eux se trouvait Alexandre Tchaïko, commandant des forces aérospatiales russes et proche de Vladimir Poutine, qui fêtait son 55e anniversaire, selon plusieurs médias, dont l'agence de presse Astra sur Telegram. Kommersant rapporte que le Comité d'enquête russe travaille sur la piste terroriste. Selon cette même source, les enquêteurs n'ont pas identifié le mobile de l'attaque, ni les commanditaires.Une série d'attaques ciblées depuis 2022A ce stade, les autorités russes n'ont établi aucun lien entre cette attaque et les précédents attentats. La Russie a néanmoins été la cible de nombreux actes terroristes par le passé, notamment à Moscou. Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, les services secrets ukrainiens ont revendiqué ou ont été accusés de plusieurs assassinats ou tentatives d'assassinats d'officiers militaires russes et de personnalités publiques soutenant le conflit.Plusieurs généraux russes et responsables locaux installés par Moscou dans les territoires ukrainiens occupés ont été tués ou blessés dans des attentats à la bombe ces dernières années. En août 2022, Daria Douguina, fille de l'idéologue ultranationaliste Alexandre Douguine, avait péri dans l'explosion d'une voiture. En avril 2023, un blogueur militaire russe, Maxime Fomine, avait trouvé la mort dans celle d'une statuette piégée qui lui avait été offerte sur scène dans un café de Saint-Pétersbourg.