Un avion de transport militaire transformé pour pallier le manque de Canadair. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé aux Armées de déployer dès samedi 25 juillet un avion de transport militaire A400M pour lutter contre les importants incendies en Gironde, a annoncé Matignon.
À lire aussi Incendies : suivez l'évolution de la situation en direct Dès lundi, Laurent Nuñez avait annoncé sur France Inter qu'"un appareil A400M" était "en cours d'équipement" pour lutter contre les incendies qui se multiplient en raison des fortes chaleurs et de la sécheresse. Il sera surtout utilisé pour "projeter du produit retardant, c'est-à-dire en amont des feux pour protéger des zones vulnérables", selon le ministre de l'Intérieur. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait de son côté assuré que l'avion, avec son "kit-incendie", serait déployé le 29 juillet. Ce sera finalement quelques jours plus tôt.L'A400M Atlas interviendra en complément des avions déjà engagés, dont 12 bombardiers d'eau Canadair. Une flotte limitée et ancienne, d'une moyenne d'âge de 30 ans, alors que la zone d'intervention est de plus en plus grande. Franceinfo résume les caractéristiques de cet appareil.Une capacité de largage équivalente à trois CanadairL'Airbus A400M est un avion de transport militaire en service depuis 2013, utilisé par l'armée pour des missions de transport stratégiques et tactiques. Cet appareil, long de 45 mètres, peut aussi bien transporter des soldats, du matériel, que des équipements de grande envergure, comme des hélicoptères ou des véhicules blindés, est-il expliqué sur le site du ministère des Armées.Dans la lutte contre les incendies, il sera équipé d'"un kit de largage d'eau de grande capacité, de 20 tonnes, ce qui représente l'équivalent de trois Canadair", a relaté vendredi 10 juillet Julien Marion, le patron de la sécurité civile. Le système, logé dans la soute, peut larguer l'eau ou le retardant "à travers la rampe arrière", précise par ailleurs Airbus dans un communiqué publié en juin 2025 pour annoncer la réussite des tests sur l'A400M. Ses réservoirs peuvent "être remplis en moins de dix minutes grâce à des pompes au sol standard", assure l'entreprise aérospatiale.Un appareil plus flexible mais difficile à piloterSelon Airbus, l'A400M présente également un avantage de flexibilité. Cet appareil est capable de "décoller et d'atterrir sur des pistes courtes et non goudronnées", relate le communiqué. Cela permet "d'opérer depuis un large éventail de bases aériennes et d'aérodromes proches des zones de feu", selon Airbus. Sa conception permet également de mener "des opérations de jour comme de nuit".Par ailleurs, le kit développé par Airbus "ne nécessite aucune modification permanente de l'appareil", assure l'entreprise aérospatiale. Cela permet ainsi "de convertir rapidement tout A400M d'une flotte pour des missions de lutte contre l'incendie". Une fois sa mission achevée, l'appareil peut retrouver son usage militaire.La formation des équipages est cependant l'un des enjeux de cet avion. "Piloter un avion lourd à très basse altitude, en relief, et en conditions de feux est une spécialité rare", ont souligné des professionnels auprès de France 3. Le général Jérôme Bellanger, chef d'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace, l'a lui-même reconnu devant l'Assemblée nationale : "Ça nécessite de former des pilotes, c'est une mission extrêmement spécifique", a-t-il admis.Un dispositif complémentaire à la flotte déjà utiliséeCes avions militaires n'ont pas vocation à remplacer les appareils déjà utilisés mais plutôt à compléter la flotte. "Vous pouvez imaginer des Canadair qui écopent et qui vont attaquer le feu en direct, et d'autres moyens, dont l'A400M, qui vont être plutôt en périphérie pour empêcher que le feu se propage", a expliqué Jean-Brice Dumont, le directeur de l'aviation miliaire d'Airbus, à France Télévisions.Même si la capacité brute de largage de l'A400M est supérieure au Canadair, "l'écoulement se fait en traînée", a de son côté précisé auprès de France 3 le journaliste spécialisé Frédéric Marsaly. Cet avion est donc "intéressant pour des feux en plaine, mais impossible à utiliser lorsqu'il y a du relief", estime le journaliste expert en aéronautique. Il s'agit donc, selon lui, d'un "dispositif d'urgence qui arrive en complément des dispositifs classiques". L'Espagne, victime de nombreux incendies ces dernières années, a d'ores et déjà adopté ce dispositif.

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