Le consentement ne va toujours pas de soi dans les cabinets de gynécologie, selon une enquête mise en ligne, vendredi 17 juillet, par StopVOG. Ce rapport de 240 pages ne "prétend pas être représentatif de l'ensemble des consultations gynécologiques réalisées en France", même s'il a été mené avec l'appui de chercheurs. Il met en lumière l'ampleur de ces violences médicales et le désir des patientes d'être davantage respectées.

Un consentement rarement respecté pleinementParmi les répondants, plus de huit sur 10 rapportent au moins une atteinte à leur consentement lors d'un examen gynécologique, par exemple lorsqu'un médecin n'a pas demandé leur accord avant de réaliser un examen des zones intimes ou un frottis.

La moitié des répondantes signalent des atteintes graves au consentement, "pouvant s'apparenter à des violences sexuelles", selon StopVOG, comme un examen réalisé sans prévenir la patiente ou malgré son refus, un examen accepté sous pression ou par sentiment d'obligation ou un examen douloureux. "Le médecin a inséré ses doigts dans mon vagin sans me prévenir au préalable de son geste. Je l'ai vécu comme un viol.

Une répondante sur deux dit avoir déjà subi un examen "trop douloureux pour elle, mais qui a été poursuivi malgré la douleur ou la demande d'arrêter. "Les actes les plus fréquemment cités sont la pose du spéculum (20%), le toucher vaginal (15%), le frottis (14%), la pose de stérilet (13%) et l’échographie endovaginale (12%)", détaille le rapport.

"La présence d'un tiers dans le cadre d'un soin gynécologique reste encore trop souvent banalisée, alors qu'elle doit faire l'objet d'un accord explicite et préalable de la patiente", souligne par ailleurs l'étude. Près d'une personne sur deux victime de violencesAu total, 45% des interrogées disent avoir été victimes de violences lors d'une consultation.

Près de 30% font état de violences gynécologiques, c'est-à-dire au cours du suivi (classique et en cas de recours à l'avortement), et un quart rapporte des violences obstétricales, survenues lors du suivi d'une maternité (grossesse, accouchement, séjour à la maternité).

Par ailleurs, l'enquête révèle une information parcellaire lors des consultations sur les différentes méthodes de contraception, et des pratiques ne respectant pas les bonnes pratiques médicales, comme un examen vaginal ou i,e échographie endovaginale avant tout rapport sexuel avec pénétration vaginale (18% des répondantes), un examen vaginal avant 17 ans (35%), un frottis avant 25 ans (67%) ou un toucher vaginal sans port de gants (4%).

L'enquête a également mis en lumière de nombreux cas de violences subies par des enfants jeunes lors de consultations médicales. De nombreux cas de discriminationsPrès de 40% des répondants disent avoir subi des discriminations dans leur parcours de soins, poursuit l'association. Un impact sur la santé mentale et le suivi médicalGlobalement, le rapport témoigne d'un ressenti négatif largement partagé concernant le suivi gynécologique ou obstétrical.

Plus de sept personnes sur dix déclarent "s'être déjà senties mal physiquement et/ou psychologiquement en sortant d'une consultation gynécologique, sans que cela soit lié à une inquiétude pour leur santé". Pour une personne sur deux, cela a eu un impact sur le suivi médical, parfois jusqu'à entraîner un arrêt de tout suivi gynécologique. ).

C'est pourquoi l'association préconise de renforcer la prévention et l'information sur les droits et le consentement, et d'intégrer les violences obstétricales et gynécologiques à la formation des soignants. StopVOG émet d'autres recommandations, qu'elle souhaite voir adoptées dans le cadre de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui doit être examinée à la rentrée par le Parlement.